La tour de Babel Barrette

La tour de Babel Barrette

dim, 18/02/2018 – 11:35
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Nous avons notre tour de Babel bien québécoise, nos hôpitaux.

Photo : Domaine public

Il n’y a pas pire système de santé que celui que nous avons actuellement au Québec. Le ministre Barrette affirme que le séjour maximum sur une civière, dans un corridor de l’urgence d’un hôpital, doit être de 24 heures. Plus de 48 heures reflète mieux la réalité. L’achalandage augmente sans cesse. Le taux est de 120 % d’occupation avec seulement 80 % du personnel soignant présent. Aucun respect pour les patients oubliés dans les corridors, personne n’ayant le temps de s’occuper d’eux.

Cercle vicieux

Arrivé en ambulance avec de l’eau sur les poumons un vendredi après-midi de janvier 2018, un patient n'a pu être transféré dans une chambre que le dimanche en fin d’après-midi. Sa couche est pleine, mais on n’a pas le temps de s’en occuper. D’autres patients pleurent, crient, font des crises de nerfs et veulent s’en aller. Les agents de sécurité en ont plein les bras.

Pendant ce temps, des patients occupent des chambres inutilement. Ce n’est pas de leur faute. Le médecin a signé le congé pour le lendemain et réservé un transport adapté pour 10 h. Cependant, l’entreprise de transport adapté n'offre pas le déplacement pour les patients qui ont des tests et des examens à passer. Le patient, bottes aux pieds, attend. À midi 15 minutes, l’infirmière téléphone au répartiteur. Elle obtient comme réponse qu'on n’aura pas le temps d’aller le sortir avant ce soir.  

On demande donc à de proches aidants de sortir le patient en fauteuil roulant et en auto par leurs propres moyens, malgré les risques de l'échapper. Celui-ci est trop faible et ne peut marcher dans la tempête de neige. Les préposés et les infirmières ont hâte de désinfecter la chambre en cette période d’éclosion d’influenza et de gastro. C’est vers 15 h 30 que le patient, qui attend depuis 48 heures à l’urgence, peut enfin monter à sa chambre.

M. le ministre, êtes-vous fier de votre tour de Babel ?

Dans cette tour de Babel, la communication fait défaut. Des maillons de la chaîne manquent ou ne donnent pas le service attendu. Cela nuit à la satisfaction du personnel soignant et des patients. Une physiothérapeute tente, à titre évaluatif, de faire marcher une patiente avec son déambulateur dans le corridor. Tous deux se frayent un chemin en poussant des poches de linge souillé et des chariots.

Le corridor étant encombré de chariots traînant ici et là, même l’infirmière a de la difficulté à circuler avec son appareil de tension artérielle et ses cabarets de soins.

Ces conditions inhumaines sont les pires pour les risques de chutes et d’autres accidents, à la fois pour le personnel et les patients. C’est encore plus dangereux qu’une usine malpropre. Le but étant de rendre plus malades des gens qui le sont déjà. Personne ne devrait demeurer, être soigné ou travailler dans de telles conditions.

Et les coupures sauvages de médicaments

Cymbalta, Nexium ou son générique Esomeprazole ne sont que quelques exemples de médicaments prescrits, même génériques, qui ne sont plus couverts à moins de justification du médecin. Attention : changement aussi pour Coumadin. Les pharmaciens se font engueuler parce que sans prévenir la RAMQ, sur ordre du ministre Barrette, ils cessent de couvrir des médicaments. Les médecins doivent rédiger des justifications et des demandes de médicaments d’exception, ce qui accapare inutilement leur temps de soins.

Tout ce qui compte pour ce gouvernement c’est de faire de l’argent au détriment des gens. Pourtant, les primes d’assurance de la RAMQ doivent continuer à être payées même si les services et médicaments couverts au contrat ne le sont plus. C’est de la fraude gouvernementale institutionnalisée !

En résumé : engorgement, débordement de travail et organisation déficiente. Quel fouillis ! On y note une absence de personnel, le non-engagement de nouveaux employés, du « sit-in » et des grèves de zèle ou un refus de travailler dans ces conditions. Il y a un non-respect de l'humain qu'est le patient. Il y a aussi un manque de chambres en raison des lacunes de l’organisation de l’hôpital et de la gestion des sorties.

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Commentaires

Je trouve cet article très intéressant. Cependant, il faut développer. Le système de santé n’a jamais été aussi malade que depuis l’élection du triumvirat sans nom : Couillard, Barrette, Leitao.
Le système en général est malade. En particulier, la santé mentale est le parent pauvre de la grosse machine. Santé mentale : problématique mondiale qui s’hypertrophie de minute en minute.
Il y a trois sortes de malades mentaux :
• De naissance
• Développés par des expériences horrifiantes (enfants de la guerre), drogues, alcool, etc.
• Économiques, et comme l’économie se dégrade à vitesse grand v…
En fait, mon commentaire ne peut-être que trop succinct.
Ils disent ne pas pouvoir soigner les malades mentaux. Faux ! C’est de la généralisation. Et il est essentiel que le public sache ce qui se passe en santé mentale : brusquerie, impolitesse, menaces, etc.
Mais aussi, cela fait partie du plan : créer un ennemi intérieur. ‘’Diviser pour régner’’ (Jules César, La guerre des Gaules).