Témoignage d'un membre de la diversité québécoise « oubliée »

Témoignage d'un membre de la diversité québécoise « oubliée »

dim, 15/04/2018 – 10:35
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L'auteure déplore qu'aux yeux du gouvernement, la diversité se résume aux musulmans et aux demandes des intégristes.

Source de la photo : Dooblem, WikimediaCC BY-SA 3.0

Le texte ci-dessous est une lettre envoyée par l'une de nos lectrices. Nous avons accepté de la publier dans le journal.

Depuis quelques années, l'atmosphère politique internationale est de plus en plus tendue, et le Québec n'échappe pas à cette tendance générale. Disons-le, l'une des raisons qui provoquent ces tensions est que les peuples du Moyen-Orient et de l'Afrique se sont mis en route vers l'Occident.

Tandis que les élus sont convaincus de leur supériorité morale – ce qui est nettement contesté –, les structures économiques et sociales croulent. La rectitude politique rend la communication quasi impossible.

Le Québec se retrouve dans une situation particulière, qui ne l'avantage certes pas. Les intérêts et le pouvoir d'autodétermination du peuple sont compromis depuis le début de la conquête britannique, bien avant l'ère de l'immigration de masse.

Un Québec sélectif

Il n'y a pas si longtemps, il fallait se qualifier selon la Convention de Bruxelles de 1968 pour obtenir le statut de réfugié et détenir un certificat IMM1000 pour s'installer au Canada. Pour ceux qui souhaitaient s'établir au Québec, des critères additionnels s'appliquaient. Un métier recherché ou la maîtrise du français représentaient de francs avantages.

Contrairement à ce que l'on peut voir aujourd'hui, les gens devaient se rendre au camp de réfugiés le plus près ou au premier pays sécuritaire afin d'y demander l'asile. Pour certains, cela représentait la traversée de plusieurs États et frontières, le tout dans l'illégalité.

Cheminement des réfugiés

Faisons un retour dans le passé. Nous sommes en Europe de l'Est, à l'époque du communisme. Le voyage se fait clandestinement. Le camp à Traischirken, à environ une quarantaine de kilomètres de Vienne, est le premier endroit sécuritaire. Il faut donc atteindre l'Autriche.

Cela prend 6 jours en moyenne avant d'être admis dans le camp. Les gens font la file. Trois semaines de quarantaine sont obligatoires avant que l'on puisse y accéder. Tous sont enfermés au dernier étage du bâtiment principal, dans des chambres immenses, dotées de lits superposés. On compte entre 60 et 80 personnes par chambre.

Cette période de quarantaine est nécessaire afin de vérifier les identités et antécédents, compléter les examens médicaux, les demandes d'asile et les demandes d'immigration. Après l'analyse de ces demandes, une entrevue a lieu avec des agents d'immigration. Les délais de réponse varient entre 8 et 14 mois.

Après trois ans de clandestinité, bonjour Québec. Il reste maintenant à faire ses preuves. Nouvelle langue, nouveau pays, nouvelles températures. Travail, contribution et intégration à la culture dominante. Respect des lois en échange des droits et libertés garantis. Qui pourrait demander mieux ?

L'évolution politique, des années 90 à aujourd'hui

Depuis quelques décennies, le gouvernement vante le modèle multiculturel et sa réussite. La société était, jusqu'à tout récemment, basée sur un contrat social respecté par tous. Le contrat fut adapté à mesure que les changements l'exigeaient. Il était convenu que la base culturelle au Québec était francophone et chrétienne. On enseignait le catholicisme à l'école publique et l'enseignement moral tenait lieu d'accommodement. Qu'est-ce qui a donc changé ?

La diversité, qui avait autrefois un sens très large, est devenue aujourd'hui très « exclusive », ce qui retrace les lignes directrices déterminant qui se qualifie pour la représenter.

Si l'on se fie au gouvernement, il y a les Canadiens de souche, les Premières Nations et les musulmans. Or, un groupe de citoyens se trouve à être protégé au détriment des autres. Menaces de poursuites et surveillance accrue renforcent cette protection. Une censure qui s'apparente à celle des pays de l'Est durant la période communiste se dessine.

Les musulmans représentent 2,6 % de la population. Axé sur le communautarisme, ce groupe, quoiqu'hétérogène, présente des tendances similaires à celles notées dans d'autres sociétés. À mesure que cette communauté grandit en nombre, ses éléments intégristes entreprennent de manière systématique d'exiger des changements au sein de la société d'accueil.

Des débats ont eu lieu à plusieurs reprises, ici même au Québec. Les témoignages du reste de la diversité québécoise ont été relativement ignorés. Il est acquis que ces citoyens vivront avec les décisions prises à leur insu. Cette diversité fait partie des meubles. Les nouveaux arrivants récoltent, sans avoir semé. Quelle insulte ! Les récoltes sont dilapidées alors que les efforts d'intégration sont moqués et rendus nuls.

Remettre le droit religieux à sa place

Afin qu'une société puisse s'estimer « juste », il y a une règle qu'il n'est pas permis de briser : nos droits s'arrêtent là où les droits des autres commencent. Le droit religieux ne supplante pas le droit de liberté de conscience religieuse.

Or, l'État ignore de plus en plus cette règle et impose à la majorité la dictature d'une minorité. En d'autres mots, il pratique la discrimination pure et simple.

Les communautés « oubliées » ne sont pas indifférentes aux changements exigés par la minorité vocale. Des rumeurs circulent, disant que certaines personnes pensent au rapatriement si les choses continuent à dégringoler. D'autres ont entrepris les démarches du retour ou sont déjà partis.

Voilà pourquoi les choses doivent changer rapidement.

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