Le système de la « gestion de l'offre » a fait son temps

Le système de la « gestion de l'offre » a fait son temps

ven, 22/06/2018 – 18:30
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Michel Morin estime que les producteurs laitiers devraient s'ouvrir à de nouvelles approches en matière de réglementation.

Voici la ou les sources de cet article : Radio XVoici la source de la photo : Demnos0813, FlickrCC BY-SA 2.0

C'est un secret de Polichinelle de dire que les produits laitiers coûtent cher au Québec et plusieurs s'interrogent à propos du bien-fondé de maintenir l'actuel système de gestion de l'offre qui réglemente notre agriculture.

L'industrie des produits laitiers bat de l'aile

Le journaliste indépendant Michel Morin a, le 19 juin dernier, abordé cette épineuse question lors de la diffusion de l'émission « Maurais Live ». Morin nous rappelle que le système de gestion de l'offre « a été mis en place au début des années 70 » et qu'« il y a beaucoup de mythes qui l'entourent ».

En effet, même si ce système a été conçu pour stabiliser la production pour l'amarrer à la demande, cela n'a pas empêché les prix des produits laitiers de grimper en flèche et plusieurs fermiers ont été obligés de lancer la serviette.

Michel Morin se base sur certaines analyses bancaires pour souligner que « depuis 1970, 90 % des fermes laitières ont disparu au Canada. Alors, quand on dit que ce système-là protège les agriculteurs pour maintenir une ferme familiale autour, disons, de 60 à 80 vaches par unité, c'est pas tout à fait vrai ».

Des échanges commerciaux difficiles

Le principal intéressé nous rappelle l'agacement de Donald Trump face aux barrières tarifaires érigées par notre industrie laitière, dans un contexte où le Québec dépend toujours du libre-échange avec ses voisins du sud.

« Le système craque de toutes parts », n'hésite-t-il pas à avancer, soulignant qu'avec des « tarifs de 200, 300 % pour [nous] protéger contre l'invasion [...] des produits laitiers concurrents, qu'ils viennent des États-Unis, qu'ils viennent de l'Europe, c'est toujours les mêmes problèmes. On comprend que les producteurs [soient] à fleur de peau ».

Des prix prohibitifs

Passant de l'économie à la politique, le journaliste pointe du doigt le fait que « tous les partis politiques fédéraux [fassent] bloc pour protéger ce système. Mais, ça coûte quelque chose ce système-là… il est vrai que le système, comme tel, n'est pas subventionné directement par le gouvernement, c'est nous les consommateurs qui payons ».

Ainsi, loin de protéger les producteurs laitiers et compliquant nos échanges commerciaux, ce système de gestion de l'offre fait en sorte que le prix des produits laitiers soit réellement prohibitif pour le consommateur moyen.

Se basant sur une étude de l'Institut économique de Montréal (IEDM), Michel Morin affirme que, dans un contexte de libre-marché réel, les consommateurs ne seraient plus obligés de débourser 5 $ pour un 2 litres de lait qui reviendrait à un peu plus de 2 $ ! Il s'agit donc d'une baisse radicale du prix et il nous rappelle que « pour une famille ça peut [faire] varier entre 330 $ et 550 $ le coût annuel supplémentaire des produits laitiers ».

Penser en dehors du cadre

Michel Morin avance qu'il faille « regarder la situation en face ». Il ajoute : « Ce que suggérait l'IEDM, c'est que l'on pourrait, compte tenu de la baisse du prix, imposer une taxe transitoire sur une période de dix ans. Une taxe qui serait autour de 20 à 30 cents, pour compenser les producteurs, à la hauteur de 1,6 G$ par année ». Il déplore que très peu de gens, au bout du compte, osent approcher ce problème tant il est complexe.

Conscient que le système actuel ne puisse pas être abrogé sans contrepartie, Morin souhaite que la classe politique ait le courage de mettre ses culottes.

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Commentaires

Il y a de ça des années lumières que le système politique au Québec aurait dû mettre ses culottes. Nous avons perdu plusieurs cultivateurs, producteurs de lait et qu'a fait notre gouvernement? Il a imposé des quotas...ce qui ne les a pas avantagés...à un tel point que plusieurs ont démissionné, ont vendu, ont changé leur production et certains ont tout perdu. Triste gestion au Québec pour ce qui reste de notre patrimoine.