Gestion de l'offre : les partis à genou devant les lobbys

Gestion de l'offre : les partis à genou devant les lobbys

jeu, 30/08/2018 – 18:15
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Le lobby laitier s'est agité au cours de l'été pour influencer la classe politique sur la gestion de l'offre.

Voici la ou les sources de cet article : Radio X et Twitter / Voici la source de la photo : Demnos0813, FlickrCC BY-SA 2.0

Au moment d'écrire ces lignes, l'administration Trump est toujours en négociation avec les délégués du gouvernement Trudeau pour en venir à une entente dans le cadre de l'ALENA. Au centre des discussions : la fameuse gestion de l'offre, une stratégie de contrôle des prix qui a fait son temps, mais que les trois partis politiques fédéraux tiennent à maintenir coûte que coûte.

Même les conservateurs, historiquement favorables à la déréglementation, ont exprimé le souhait de ne pas toucher à cette « patate chaude ». Une position qu'ils ont d'ailleurs consolidée la fin de semaine dernière lors de leur congrès à Halifax, où l'entourage du chef, Andrew Scheer, s'est assuré que la question ne serait pas débattue.

Il semblerait, toutefois, que ce sont surtout les libéraux qui aient été influencés par l'industrie laitière. Dominique Maurais, animateur à l'émission Maurais Live, diffusée sur les ondes de Radio X, a obtenu copie des agendas des derniers mois de plusieurs lobbyistes de cette industrie, et la liste des rencontres qu'ils ont eues avec des représentants du gouvernement fédéral est très édifiante. Il suffit d'en énumérer quelques-unes :

  • Lino Saputo, de la célèbre entreprise Saputo, a rencontré à deux reprises, en février et en avril, le négociateur en chef du Canada pour l'ALENA, Steve Verheul.
  • M. Verheul a eu un été fort chargé puisqu'au moins trois autres éminents lobbyistes se sont entretenus avec lui : Michael Barrett, de Aliments Gay Lea, Jacques Lefebvre, des Producteurs laitiers du Canada, et Louis Frenette, président de Parmalat Canada. M. Lefebvre a même eu le privilège de s'entretenir avec Justin Trudeau, tandis que M. Frenette a fait la même chose avec l'ambassadeur canadien aux États-Unis, David MacNaughton.
  • En sus de sa rencontre avec Steve Verheul, Michael Barrett a passé quelques heures en compagnie de Maxime Dea, du bureau du premier ministre, et ce, deux fois plutôt qu'une. Pour être certain de gagner sa cause, il a réédité l'exploit avec Simon Beauchemin, un autre conseiller de Justin Trudeau, et Brian Clow, directeur des relations canado-américaines au sein du bureau du premier ministre. Enfin, il a également pu échanger quelques mots avec l'ambassadeur David McNaughton, le 31 juillet dernier.
  • Marc Desmarais, d'Agropur, a quant à lui rencontré Marie-Laurence Lapointe, conseillère au Québec de Justin Trudeau, le 15 juin dernier.

On peut dire sans se tromper que ces rencontres avaient pour but de faire pression sur les libéraux pour qu'ils persistent à défendre la gestion de l'offre.

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Commentaires

Quand des producteurs se regroupent pour convenir du volume de production et du prix de vente, il s’agit d’un cartel. Le SGO est donc un cartel agricole. Et le fait qu’il s’abrite derrière une phraséologie fumeuse ou qu’il bénéficie de la bénédiction de l’État n’y change rien.
D’ailleurs, rappelons que selon l’article 45 de la Loi sur la concurrence, conclure un accord pour fixer le prix d’un produit et contrôler sa production est un acte criminel passible d’emprisonnement et/ou d’amendes pouvant atteindre 25 millions $. Le SGO étant véritablement un cartel, on peut donc se demander pourquoi l’État est complice du SGO et pourquoi les chefs de partis s’engagent à en assurer la pérennité.
Le SGO rançonne les producteurs. À l’échelle canadienne, les quotas valent 33 milliards $. On comprend donc pourquoi nous payons notre lait plus cher qu’ailleurs et pourquoi les fermiers fulminent à l’idée de devoir concurrencer des producteurs étrangers qui n’ont pas eu à acheter les mêmes quotas

Les transformateurs de produits laitiers essaient de faire croire à la population que le revenu des agriculture dépend de la gestion de l'offre. Alors comment se fait-il que la ristourne versée aux agriculteurs baissent au fil des ans. La gestion de l'offre ne sert qu'à engraisser la petite clique des transformateurs de lait (voir Saputo, Permalat, Agropur). Comment se fait-il que le prix du fromage ait doublé en cinq ans et que le revenu des agriculteurs soit en baisse? Les agriculteurs doivent considérer le fait qu'une ouverture des marchés américains aux produits québécois sera encore plus rentable que de rester isolé dans le petit marché du Québec. Imaginez le marché du fromage américain! C'est toute la population du Québec qui paie les produits laitiers qui sont de 40 à 80% plus cher que ceux de nos voisins du sud. Encore un système subventionnaire qui appauvrit le consommateur canadien!
À bas la gestion de l'offre!