La mondialisation frappe les sous-traitants de Bombardier

La mondialisation frappe les sous-traitants de Bombardier

jeu, 13/12/2018 – 19:30
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Siemens vient de remporter un contrat de près de 1 milliard de dollars pour remplacer du matériel roulant de Via Rail.

Voici la ou les sources de cet article : Chambre des communes, Le Placoteux #1 et #2, La Presse et France InfoVoici la source de la photo : Alexandre Gouger, WikimediaCC BY-SA 3.0

La députée néodémocrate Tracey Ramsey a confronté le Parti libéral, le 11 décembre dernier, à la Chambre des communes au sujet de sa complicité dans le démantèlement de nos industries au profit d'entreprises étrangères.

Des accords internationaux contraignants

Pointant du doigt les traités de libre-échange qui nous lient à l'Union européenne, la députée Ramsey estime « que les libéraux savent bien que choisir une entreprise canadienne pour l'octroi de contrats peut mener à des poursuites par l'Europe sous le régime des dispositions investisseur-État de l'Accord économique et commercial global ». C'est donc en vertu de ce traité de libre-échange Canada-Europe que le gouvernement libéral aurait favorisé le fabricant allemand Siemens.

Mme Ramsey pousse son raisonnement d'un cran en affirmant que lorsque « les libéraux disaient que cet Accord était le nec plus ultra en matière de commerce, les Canadiens ne se doutaient pas que cela voulait dire que les emplois s'en iraient dans des entreprises étrangères ». Elle ne pouvait dire mieux puisque cette transaction risque de faire très mal à plusieurs sous-traitants de Bombardier qui emploient un nombre significatif de travailleurs spécialisés.

Les sous-traitants perdent des plumes

C'est ainsi que le Groupe LG Cloutier, un sous-traitant de Bombardier qui a ouvert ses portes en 1979 et qui est actif dans la région de la Capitale-Nationale, aurait conclu près de 50 % de ses contrats avec des entreprises du domaine ferroviaire telles que Bombardier ou l'Américaine Alstom. Son président, Éric Lord, interviewé par le journal Le Placoteux, affirme qu'il est en affaires parce que ces constructeurs étaient liés à des contrats exigeant un minimum de matériel d'origine canadienne.

Le président du Groupe LG Cloutier estime que l'octroi de ce contrat à Siemens lui fera perdre quantité de commandes. « Les gouvernements disent qu'ils respectent les accords de commerces internationaux, mais ils ne semblent pas prendre en considération toutes les retombées directes et indirectes que de tels contrats peuvent laisser dans l'économie canadienne », se désole-t-il.

Entre l'arbre et l'écorce

Les sous-traitants du secteur ferroviaire sont véritablement pris entre l'arbre et l'écorce dans un contexte où, pour reprendre les mots de M. Lord, le Canada est trop permissif face aux entreprises étrangères. Au même moment, les États-Unis exigent jusqu'à 70 % de contenu local pour l'octroi de certains contrats, une approche protectionniste qui « nous empêche souvent de faire de la sous-traitance pour les entreprises là-bas », de conclure ce capitaine d'industrie.

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