L'affaire Guy Ouellette prend des allures de roman-savon

L'affaire Guy Ouellette prend des allures de roman-savon

mar, 10/31/2017 – 19:22
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Le dossier avance d'heure en heure et révèle des détails tout sauf anodins sur cette invraisemblable saga.

Sources : La Presse #1, #2, #3, #4, Le Journal de Montréal #1, #2, #3, #4, #5, Le Devoir #1, #2, #3 et Radio-Canada / Photo : Jacques Nadeau, Le Devoir

On apprend de nouvelles choses presque chaque heure sur l'affaire Guy Ouellette. Alors que lundi une ancienne analyste du ministère des Transports, Annie Trudel, mettait au jour une affaire de collusion entre l'UPAC, l'Autorité des marchés financiers (AMF) et une firme de consultants privée, aujourd'hui, Guy Ouellette lui-même est allé témoigner en chambre et a dit être victime d'un coup monté.

« Dans une tentative d'intimidation sans précédent, j'ai été victime d'un coup monté par l'UPAC au moment même où les membres de la commission que je présidais se préparaient à entendre des témoignages de dirigeants d'organismes publics qui sont sous la compétence de la commission », a affirmé M. Ouellette mardi après-midi lors d'une allocution au Salon bleu de l'Assemblée nationale. Il a ajouté : « Les faits qui me sont reprochés n'ont aucun fondement. »

M. Ouellette présidait jusqu'à la semaine dernière la commission parlementaire chargée d'étudier le projet de loi 107, qui vise notamment à accroître la compétence et l’indépendance de l’UPAC. Avant l'allocution de M. Ouellette, le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, avait visé l'unité anticorruption : « Qu'on accuse ou qu'on s'excuse », a-t-il lancé. « Sinon, cette assemblée devra prendre les moyens pour défendre les fondements mêmes de son existence, soit la liberté, la justice et la démocratie. »

Philippe Couillard exige des explications de l'UPAC

Le premier ministre Philippe Couillard a quant à lui exigé des explications de l'UPAC sur l'arrestation de Guy Ouellette : « Je suis certain que la direction de l'UPAC entend la population et son inquiétude », a-t-il dit. « Je vais donc l'inviter – et c'est important de le préciser : dans les limites que permettent les enquêtes en cours – à donner publiquement le plus de précisions possible. » Puis il a ajouté : « Ce n'est pas banal : un parlementaire élu en exercice qui a été placé en état d'arrestation pour un motif encore inconnu. Je n'aime pas voir ça. »

M. Couillard a toutefois exprimé ses réserves à l'idée d'inviter Guy Ouellette et le patron de l'UPAC, Robert Lafrenière, en commission parlementaire comme certains le souhaiteraient : « On ne peut pas avoir une situation dans laquelle une personne visée par une enquête et le corps policier qui fait l'enquête se retrouve à débattre de l'enquête en commission parlementaire. C'est insensé de faire ça, on ne peut pas faire ça », a-t-il déclaré à ce sujet.

L'UPAC nie tout

Après que le premier ministre Couillard l'eut invitée à s'expliquer sur l'arrestation de Guy Ouellette, l'UPAC a tenu une conférence de presse dans laquelle son patron, Robert Lafrenière, accompagné de deux de ses collègues, a nié avoir tendu un piège à Guy Ouellette : « Il s'agit d'une technique d'enquête qui met en place un appât », a affirmé Robert Lafrenière. « Il n’a pas été question de, je reprends les termes de M. Ouellette, "de l’avoir framé". »

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