David Heurtel veut plus de travailleurs temporaires étrangers

David Heurtel veut plus de travailleurs temporaires étrangers

ven, 02/03/2018 – 20:30
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Il a demandé à Ottawa d'assouplir ses règles. Pourtant, des experts prônent des solutions autres que l'immigration.

Sources : TVA Nouvelles, Le Devoir et MCI / Photo : Environnement et changement climatique Canada, FlickrCC0 1.0

Le ministre de l'Immigration, David Heurtel, ne lâche pas le morceau : selon lui, le Québec vivrait une véritable crise de pénurie de main-d'oeuvre. Les chiffres sont impressionnants : 1,4 million de postes à pourvoir d'ici 2024, « dans tous les secteurs, dans tous les domaines [et pour] tous types de formations ». Or, selon le ministre, 20 % de ces postes devront être confiés à des immigrants.

Il demande donc au gouvernement Trudeau de modifier sa réglementation pour l'admission des travailleurs temporaires étrangers. « On ne peut pas avoir un programme d'immigration économique au Canada qui est "coast to coast", on ne peut avoir du mur à mur », a déclaré M. Heurtel, qui réclame des mesures plus adaptées à la réalité québécoise.

Il faut dire que l'immigration économique est à l'agenda de David Heurtel depuis qu'il a hérité du poste de ministre de l'Immigration. En tournée aux quatre coins du Québec l'automne dernier, il a martelé le même message sur la nécessité de pallier la pénurie de main-d'oeuvre par l'embauche d'immigrants.

Ouvrir les bras à la robotisation ?

Pourtant, d'autres solutions existent, si l'on se fie à certains experts. Pour Michel Lemelin, vice-président du Groupe Pageau, les entreprises pourraient penser, entre autres, à la robotisation. Selon lui, « loin de provoquer des pertes d’emplois, les nouvelles technologies de production viennent plutôt améliorer les performances et la productivité des entreprises, ce qui se traduit en retour par la création de nouveaux emplois, avec des profils de tâches différents ».

Changer le travail des employés

Pierre-André Julien, professeur émérite à l'Institut de recherche sur les PME, va plus loin : il n'y aurait pas, selon lui, de pénurie de main-d'oeuvre. Dans un article paru dans Le Devoir en septembre dernier, M. Julien explique « qu’en moyenne, les équipements sont utilisés à moins de 35 % du temps disponible » dans les PME. La solution passe donc par un réaménagement du travail des employés.

Une offre de formation accrue et de meilleures conditions de travail représenteraient aussi des solutions efficaces, selon M. Julien. Il rappelle que les salaires n'ont presque pas augmenté dans les PME au cours des quinze dernières années. Des hausses de salaire permettraient, par exemple, de rapatrier des travailleurs qui ont déménagé dans l'Ouest canadien.

Enfin, M. Julien soutient que la flexibilité des tâches serait une autre mesure à envisager. Des travailleurs âgés seraient enclins à retourner au travail si on leur permettait de travailler en partie à la maison ou à temps partiel.

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