L'Arabie saoudite nommée à un comité de l'ONU sur les femmes

L'Arabie saoudite nommée à un comité de l'ONU sur les femmes

lun, 18/06/2018 – 15:30
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Le pays islamiste est maintenant membre de trois organismes de l'ONU qui défendent les droits et intérêts des femmes.

Voici la ou les sources de cet article : UN WatchVoici la source de la photo : KremlinCC BY 4.0

L'Organisation des Nations Unies ne rate pas une occasion de perdre de la crédibilité. Elle vient d'élire l'un des pays les plus islamisés du monde, l'Arabie saoudite, au Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes.

L'Arabie saoudite siège maintenant à trois comités des Nations unies créés expressément pour les femmes : la Commission de la condition de la femme (depuis avril 2017), le Conseil d'administration d'ONU-Femmes (depuis avril dernier) et le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes. Ces nominations ont toutes soulevé des critiques, auxquelles l'ONU est toutefois restée sourde.

Hillel Neuer, directeur de UN Watch, un organisme non gouvernemental, avait dénoncé en mars l'hypocrisie dont fait preuve le Conseil des droits de l'homme de l'ONU. M. Neuer avait entre autres parlé du dernier rapport de l'Indice mondial de l'écart entre les genres, publié par le Forum économique mondial, qui recueille des données sur 144 pays à partir de quatre variables : les perspectives économiques offertes aux femmes, leur niveau de scolarité, leur espérance de vie et leur participation à la vie politique.

Or, selon l'Indice mondial 2017, l'Arabie saoudite se classe parmi les derniers en matière d'égalité hommes-femmes, en compagnie du Yémen, du Pakistan, de la Syrie, du Tchad, de l'Iran et du Mali. Faut-il rappeler qu'au pays de l'or noir, les femmes ne sont pas autorisées à voyager à l'étranger, à se marier ou à obtenir un passeport sans l'autorisation d'un tuteur, qui peut être soit leur père, soit leur mari, ou encore leur frère ou même leur fils.

Hélène Laverdière, députée du Nouveau Parti démocratique (NPD), a récemment interpellé le gouvernement au sujet des droits de la femme en Arabie saoudite. Mme Laverdière a déploré que plusieurs femmes, dont une ancienne étudiante de l'Université de la Colombie-Britannique, Loujain al-Hathloul, y aient été « arrêtées, détenues et accusées de crime ». « Que fait le gouvernement pour demander que toutes ces militantes pour les droits de la personne soient libérées et capables de travailler en toute sécurité en Arabie saoudite ? », a-t-elle demandé au gouvernement.

Matt DeCourcey, secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères, a répondu que son gouvernement était « extrêmement déçu » de la répression qui prévaut en Arabie saoudite et que la ministre, Chrystia Freeland, a « soulevé ces préoccupations auprès du ministre des Affaires étrangères » de ce pays.

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