Pas question pour Ottawa d'arrêter un ancien de l'État islamique

Pas question pour Ottawa d'arrêter un ancien de l'État islamique

mar, 19/06/2018 – 18:00
Posté dans :
3 commentaires

L'ex-terroriste a avoué qu'il avait tué des prisonniers, mais le fédéral n'a pas l'intention de le poursuivre en justice.

Voici la ou les sources de cet article : Chambre des communes / Voici la source de la photo : Wouter Engler, WikimediaCC BY-SA 4.0

Le dossier d'Abu Huzaifa al-Kanadi, l'ex-tueur de l'État islamique, a refait surface lundi en chambre. Encore une fois, ce sont les conservateurs qui se sont jetés dans la mêlée en demandant au gouvernement pourquoi l'ex-terroriste vit toujours en liberté au pays.

Dans une série de podcasts publiés sur le site Internet du New York Times, al-Kanadi dit avoir participé à l'assassinat d'opposants à l'État islamique. Il est même allé jusqu'à décrire le rituel qui conduisait à la mise à mort des prisonniers. Lorsqu'il est revenu au pays, il a été interrogé par le Service canadien du renseignement de sécurité, mais n'a jamais été appréhendé.

Les conservateurs sont revenus à plusieurs reprises sur ce dossier, car pour eux, al-Kanadi mériterait la prison. Lundi aux Communes, le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, ainsi que les députés Michelle Rempel et Pierre Paul-Hus ont tour à tour interpellé le gouvernement à ce sujet. Mais la réponse de ce dernier est toujours la même : les services policiers et les organismes de sécurité font tout ce qui est nécessaire pour que les citoyens soient en sécurité.

Michelle Rempel est allée jusqu'à citer une ancienne esclave sexuelle de l'État islamique, issue de la communauté yézidie, qui rêve de traduire en justice tous les combattants et ex-combattants de l'État islamique. Selon Mme Rempel, la jeune femme « essaie [...] de faire entendre sa cause devant la Cour pénale internationale, mais ne peut pas le faire sans l'approbation du Conseil de sécurité des Nations unies ».

Dans sa deuxième intervention, la députée conservatrice a posé la question suivante : « le premier ministre va-t-il permettre à la Cour pénale internationale de poursuivre les terroristes canadiens du groupe État islamique ? »

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a répondu que son gouvernement avait « coparrainé une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU visant à établir un mécanisme pour faire enquête ». Mais ni elle, ni le premier ministre, ni le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, ne se sont hasardés à dire que les anciens combattants de l'État islamique allaient être jetés en prison du seul fait qu'ils ont appartenu à un groupe terroriste.

Nous avons besoin de votre aide !

Bien que notre journal soit encore tout jeune, il a connu une progression fulgurante – et ce, grâce à vous. Désormais, nous souhaitons passer à la vitesse supérieure afin de bâtir un véritable média de masse indépendant. Pour cela, nous avons besoin de votre implication. Vous pouvez faire la différence.

Suivez notre journal afin de ne rien manquer de nos derniers articles :

Suivre le journal

Aidez-nous dès maintenant avec une contribution financière :

Donner de l'argent

Que pensez-vous de cet article ?