Pacte de l'ONU sur les réfugiés : qu'en est-il, au juste ?

Pacte de l'ONU sur les réfugiés : qu'en est-il, au juste ?

mar, 27/11/2018 – 21:10
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Ils sont nombreux à dénigrer le Pacte pour ses visées mondialistes et sa foi au multiculturalisme. Voyons-y de plus près.

Voici la ou les sources de cet article : ONU #1 et #2Voici la source de la photo : CC0

Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières découle de la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants, adoptée le 19 septembre 2016 par les Nations Unies. Le processus de mise en place s'achèvera les 10 et 11 décembre prochains lors d'une conférence intergouvernementale qui se tiendra à Marrakech, au Maroc, où le Pacte sera formellement approuvé.

Mais qu'est-ce donc que ce fameux accord auquel l'ONU tient tant ?

Il faut dire, dans un premier temps, que le document qui fait office d'acte de fondation, même s'il contient 29 pages, est truffé de phrases aseptisées, imprégnées d'une forte odeur de jovialisme et de rectitude politique toute libérale. Premier constat : le réfugié et le migrant ne peuvent que constituer des actifs pour les pays d'accueil et rien ne saurait imprégner leur présence de quelque aspect négatif que ce soit.

« La migration est une source de prospérité, d'innovation et de développement durable dans notre monde globalisé, et il est possible d'optimiser ces impacts positifs en améliorant la gouvernance en matière de migration », peut-on lire dans l'ébauche finale du Pacte mondial, un document qui vient compléter la Déclaration de New York.

Nulle part ne soulève-t-on la question des problèmes reliés à l'immigration massive, comme la criminalité, les difficultés d'intégration des migrants, ou encore les coûts élevés que les pays d'accueil doivent assumer pour les accueillir. Des problèmes pourtant à l'origine de l'opposition croissante à l'immigration massive chez certains États occidentaux.

Un gouvernement mondial

À lire la Déclaration de New York, on réalise vite que la politique onusienne en matière d'immigration s'inscrit dans une logique qui promeut une sorte de fédéralisme mondial, projetant l'État-nation loin en arrière. L'ONU, ici, se prend carrément pour un État universel. Le terme même de Pacte mondial frappe l'imaginaire et connote des velléités mondialistes.

Certes, l'ONU reconnaît « que [...] les États ont le droit de prendre des mesures pour prévenir les passages frontaliers irréguliers », mais ne fixe aucune balise. Tout le document est consacré à la dignité et aux droits des réfugiés, et on nous montre clairement que le droit international a préséance sur la logique nationaliste.

Discours moralisateur

Autre fait marquant : la Déclaration s'adresse uniquement aux pays « recevants », lesquels se voient d'ailleurs imposer des règles, alors même que c'est sur eux seuls que repose la solidarité à l'endroit des migrants. Les autres pays – les « fautifs », pour la plupart des dictatures, ne sont soumis à aucune obligation. Il n'est nulle mention, dans le document, de réprimande ou d'accusation à leur endroit.

Il en va tout autrement pour les pays recevants qui font l'objet, ici, d'un discours moralisateur, lequel est livré sans ménagement dans cette partie de la Déclaration où l'ONU interdit « toute discrimination fondée sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, l'opinion politique ou toute autre opinion, l'origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ».

Mais il y a pire : « Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, nous constatons avec une vive inquiétude la multiplication des réactions xénophobes et racistes face aux réfugiés et aux migrants ». Les signataires du document, donc, dénoncent vigoureusement toute opposition à l'immigration massive sans même tenter de comprendre les causes qui provoquent cette opposition.

Les migrants illégaux deviennent légaux

L'ONU se félicite « de la volonté exprimée par certains États d'accorder une protection temporaire contre le retour aux migrants qui ne remplissent pas les conditions requises pour obtenir le statut de réfugiés et ne sont pas en mesure de retourner dans leur pays en raison des conditions qui y règnent ».

On l'aura compris : un migrant illégal doit être considéré comme légal, peu importe l'historique qu'il porte sur les épaules, et l'État doit prendre toutes les mesures afin de lui éviter la déportation. Ce seul énoncé peut mettre à mal la sécurité intérieure des pays d'accueil.

Qu'on me permette un bref épilogue empreint d'un pessimisme lucide : le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières explique à lui seul pourquoi une bonne partie de l'Occident est entrée de plein fouet dans une phase de déclin qui ne peut à terme que le conduire à sa mort.

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