La vérité finit par sortir dans l'affaire SNC-Lavalin

La vérité finit par sortir dans l'affaire SNC-Lavalin

jeu, 21/02/2019 – 14:15
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L'ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould se serait opposée aux pressions exercées sur elle pour qu'elle intervienne.

Voici la ou les sources de cet article : The Globe and Mail #1, #2, Osler, SNC-Lavalin et Parti conservateur du CanadaVoici la source de la photo : Erich Saide, WikimediaCC BY-SA 3.0

L'ex-ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, aurait refusé de contourner la loi dans l'affaire SNC-Lavalin.

C'est ce qu'a rapporté le Globe and Mail, jeudi, selon lequel Mme Wilson-Raybould aurait affirmé, lors d'un entretien privé avec l'entourage immédiat du premier ministre canadien, mardi dernier, qu'elle considérait les pressions exercées par des membres hauts placés du cabinet de Justin Trudeau pour qu'elle intervienne dans le dossier inappropriées.

Le gouvernement libéral a modifié le Code criminel canadien en septembre 2018 afin d'y inclure la Loi sur les accords de poursuite suspendue, laquelle permet à des entreprises accusées de malversation d'éviter un procès à condition qu'elle admette ses torts et paye une amende. Or, en vertu de cette loi, les procureurs du gouvernement fédéral ne peuvent conclure une entente avec une entreprise déclarée coupable sous prétexte qu'il en va de l'intérêt national canadien.

Dans le cas de SNC-Lavalin, la directrice des poursuites pénales, Kathleen Roussel, avait informé SNC-Lavalin, le 4 septembre 2018, qu'elle comptait poursuivre la multinationale devant les tribunaux, après quoi le premier ministre se serait entretenu avec Mme Wilson-Raybould le 17 septembre. La Loi sur les accords de poursuite suspendue est pour sa part entrée en vigueur deux jours plus tard, soit le 19 septembre.

Sauve qui peut

Mme Wilson-Raybould aura causé tout un émoi mardi en acceptant de parler devant ses collègues du Parti libéral réunis derrière des portes closes à Ottawa et de témoigner devant le Comité permanent de la justice et des droits de la personne. Mercredi, Mme Wilson-Raybould avait partagé à la Chambre des communes son souhait de pouvoir raconter sa version des faits.

C'est sans compter la démission surprise lundi de Gerald Butts, l'un des plus proches conseillers de Justin Trudeau.

Le Parti conservateur, quant à lui, a pris le pari de miser sur le manque d'intégrité du gouvernement fédéral dans cette affaire, sommant le premier ministre d'« expliquer immédiatement aux Canadiens pourquoi il a jugé nécessaire de rappeler à Mme Wilson-Raybould son pouvoir dans la poursuite contre SNC-Lavalin après qu'une décision avait déjà été rendue ».

En fin de compte, plusieurs grosses pointures auront été sacrifiées ou poussées vers la porte de sortie dans cette saga qui pourrait s'étirer encore longtemps. Le déni initial du premier ministre face aux allégations de tentatives d'ingérence politique rapportées par le Globe and Mail le 7 février était un choix qui ne semble pas avoir servi sa cause.

D'ici à ce que toute la vérité éclate au grand jour, une question importante demeure : Justin Trudeau sera-t-il capable de se protéger de lui-même ?

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