Pas facile de se déplacer pour des raisons médicales

Pas facile de se déplacer pour des raisons médicales

sam, 01/06/2018 – 12:40
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Les personnes âgées se sentent mésadaptées au système de transport adapté qu'offre le gouvernement.

Photo : CC0

Est-ce l’usager ou le transport qui est mésadapté aux situations de santé ? Disons, d'entrée de jeu, qu’une fois le patient pris en charge par un transport adapté, le service est impeccable. On y veille à la sécurité et au confort des clients. Tous apprécient le service. Mais vous sortez de l'hôpital et devez être transféré vers une ressource alternative ? Vous avez réservé un transport adapté pour 13 h précise ?

Bonne chance ! Votre véhicule adapté peut arriver une heure d’avance, vous obligeant à sauter votre repas. C’est ce qui est arrivé il y a deux mois à une dame de 96 ans non autonome de Trois-Rivières. Il peut aussi être une ou deux heures en retard, semant de l’angoisse chez le patient. N’appelez pas un taxi ; le transport adapté n’est jamais à l’heure, mais il finira par arriver.

Cet automne, à Québec, une personne de 92 ans a utilisé ce transport à 12 h 30. Elle devait se rendre à son rendez-vous avec son cardiologue pour faire vérifier son stimulateur cardiaque. Chanceuse, elle est arrivée à temps à l’hôpital.

Moins chanceuse pour le retour requis pour 14 h, par contre. Aucun transport adapté n’était disponible avant 17 h. La dame âgée non autonome a dû patienter dans son fauteuil roulant trois longues heures avec son accompagnatrice. Pour le gouvernement, le temps bénévole semble devoir être donné sans compter. C’est ainsi qu’on écoeure des bénévoles et abuse de la patience des aînés ou des malades.

Pour le gouvernement, ce transport est adapté puisqu’équipé pour un transport sécuritaire : fauteuils roulants, ancrages solides dans le camion, etc. L’adaptation est mécanique, technique, mais nullement humaine ou centrée sur le patient.

Le patient se sent mésadapté au système. C’est pourtant le système qui devrait être adapté aux patients et respecter les limites des personnes âgées. Respect, svp !

La capacité de payer et la solitude

Des personnes âgées demeurent de plus en plus dans leur propre maison. C’est d’ailleurs ce que veut le gouvernement, qui se vante de leur fournir l’aide à domicile requise par leur état. Ces services coûtent souvent 20 $/h et le minimum est fixé à trois heures chaque fois. Sinon, pas de service.

Comment fait une personne alors avec un bras dans le plâtre ou récemment opérée et qui a besoin d’une aide de 20 minutes chaque matin pour mettre ses bas supports prescrits par le médecin ? Ou d'une aide de 40 minutes pour l’aider à se laver et à s’habiller ? Elle s’en passe, car elle n’a pas les 420 $ exigés par semaine.

Sortir n’est pas facile non plus. Il faut le payer, ce transport adapté ; ce n’est pas gratuit. Pas d’auto, pas de transport adapté, pas d’argent, comment faire l’épicerie ? Comment recevoir à manger de la famille qui vient de l'extérieur à Noël ? La personne s’isole. La solitude devient sa conjointe, sa seule amie avec qui parler.

Impossible d’appeler pour obtenir un transport adapté pour aller à une réunion, une conférence, dîner au resto. Est-ce ce genre de vie que méritent nos aînés ? C’est si facile pour notre gouvernement de s’en laver les mains en Ponce Pilate en disant qu’on leur accorde des crédits d’impôt pour demeurer à domicile. L’épicerie, le transport adapté, etc., n’attendront pas un an et demi le remboursement d’impôt pour être payés.

Les aînés rouges pour le temps de Noël

C’est donc cela, les services dits adaptés du Québec pour nos aînés ! Désolant ! Après l’Opération Nez rouge, qui inventera l’Opération Aînés rouges pour les aider et briser leur solitude ?

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