Les garçons victimes de sexisme, selon un psychologue

Les garçons victimes de sexisme, selon un psychologue

ven, 12/01/2018 – 19:30
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Égide Royer dénonce le favoritisme à l'endroit des filles dans le milieu de l'enseignement.

Sources : BLVD, Le Soleil et Twitter / Photo : CC0

Selon Égide Royer, psychologue et professeur titulaire associé à la faculté des sciences de l'éducation à l'Université Laval, élèves et étudiants masculins sont victimes d'un double standard au Québec. En entrevue à l'émission Sophie Sans Compromis, animée par Sophie Durocher à la station radiophonique BLVD, M. Royer a dénoncé les « dérapages » dans le discours préconisé entre autres par le milieu de l'enseignement.

Absence de modèles

L'animatrice avait invité M. Royer pour parler d'un article publié par le journal Le Soleil où il est question d'un projet appelé Glambition, qui vise à susciter l'engouement des adolescentes pour les affaires. Ce projet a fait tiquer M. Royer, d'abord parce qu'il est destiné uniquement aux filles, mais surtout parce que dans l'article du Soleil il est mention du fait que « l’absence de modèles féminins est un frein important » à l'ambition des femmes pour les affaires, et que les jeunes filles « ont besoin de s’identifier à des femmes qui ont fait le choix de l’entrepreneuriat ». Or, pour M. Royer, au Québec on nie cette réalité chez les garçons.

« D'affirmer que les garçons ont [aussi] besoin de modèle de réussite, et de lier ça à la réussite scolaire, on considère que c'est du mépris envers les enseignantes », a-t-il déclaré durant l'entrevue. « Si on argumente que les modèles sont importants pour les filles, et si on nie cette réalité pour les garçons, c'est du sexisme », a-t-il ajouté.

Ces modèles existent de moins en moins en milieu scolaire. Sur sa page Twitter, M. Royer a relayé des statistiques qui en disent long sur l'état des lieux dans le milieu de l'éducation : en 2013-2014, les femmes comptaient pour 98,3 % du personnel enseignant au préscolaire, 88 % au primaire, et 63 % au secondaire.

Double standard

M. Royer a présenté d'autres statistiques qui portent à réfléchir. Si une fille sur cinq n'a aucun diplôme après sept années passées au secondaire, le chiffre est de un sur trois chez les garçons. En outre, 70 % des jeunes qui éprouvent des difficultés scolaires sont des garçons. Aussi, 70 % des garçons sont sous médication pour des problèmes comportementaux, tandis que 30 % des filles sont dans la même situation.

Pourtant, sur le marché du travail, les femmes ont à leur disposition de nombreux programmes, notamment pour les encourager à se diriger vers des emplois non traditionnels, ce qui n'est pas le cas pour les hommes. Selon M. Royer, le ratio à cet égard est de 10 pour 1, c'est-à-dire 10 programmes pour encourager les filles à se lancer dans des carrières non traditionnelles, pour un seul chez les garçons.

Ce qu'il déplore avant toute chose, c'est le discours ambiant, entre autres chez les centrales syndicales, que M. Royer accuse d'adopter un double standard. Le psychologue a déclaré que lorsque l'on aborde la question de la réussite scolaire des garçons chez les centrales, on brandit l'argument des stéréotypes et on nie que ces derniers ont plus besoin d'aide que les filles. Il dénonce aussi, par ricochet, un certain discours féministe qui, pour lui, est « plus agressif qu'éducatif ».

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