Les hommes prennent leur distance avec leurs collègues féminins

Les hommes prennent leur distance avec leurs collègues féminins

mer, 02/07/2018 – 20:15
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Au travail, les hommes craignent de plus en plus les fausses allégations d'inconduite sexuelle, selon deux sondages.

Sources : SurveyMonkey, Facebook et Lean InPhoto : CC0

En 2017, le mouvement #MoiAussi ou #MeToo a vu plusieurs hommes puissants être accusés et jugés publiquement pour inconduite sexuelle. Au Québec, cela a mené à la chute de plusieurs personnalités comme le fondateur de Juste pour rire, Gilbert Rozon, et l'animateur vedette Éric Salvail.

Or, deux sondages de SurveyMonkey et Lean In ont été menés aux États-Unis dans lesquels on apprend qu'à la suite de cette vague d'accusations publiques, les hommes sont devenus plus craintifs dans leur milieu de travail.

Ainsi, 45 % des gestionnaires masculins sont désormais moins à l'aise à l'idée de participer à une activité commune en présence de collègues ou de subordonnés féminins. En outre, 16 % des gestionnaires masculins se disent mal à l'aise à l'idée d'offrir du mentorat aux femmes alors qu'ils étaient 5 % à penser ainsi avant la vague d'accusations publiques.

La fondatrice de Lean In, Sheryl Sandberg, a déploré une telle réaction des hommes, car elle juge que celle-ci nuit aux femmes, qui ne pourront pas obtenir le mentorat nécessaire pour leur avancement professionnel. « Les hommes qui veulent être du bon côté sur cet enjeu ne devraient pas éviter les femmes », a-t-elle déclaré dans un billet sur Facebook. C'est pourquoi Lean In a lancé la campagne #MentorHer (#GuideLa ou #ConseilleLa) afin de les encourager dans cette direction.

Dans la section des commentaires de son billet, plusieurs hommes ont fait valoir la distance qu'ils prennent avec leurs collègues féminins. Un certain Jim Degriz a écrit : « Désolé, mais les femmes me font peur maintenant. Tout ce qu'il faut, c'est une allégation à mon endroit pour que je perde mon emploi et le respect de mes collègues, un respect que j'ai travaillé si fort à bâtir. »

Le premier des deux sondages a été mené en ligne du 23 au 25 janvier 2018 auprès de 2 950 adultes avec un emploi ; sa marge d'erreur estimée est de plus ou moins 2,5 points de pourcentage. Le second des deux sondages a été mené en ligne du 1er au 4 février 2018 auprès de 5 907 adultes avec un emploi ; sa marge d'erreur estimée est de plus ou moins 2 points de pourcentage. Les données ont été pondérées en fonction de l'âge, de la race, du sexe, de l'éducation et de la géographie.

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