Un conseil d'arrondissement sous haute tension à Outremont

Un conseil d'arrondissement sous haute tension à Outremont

mer, 07/03/2018 – 14:00
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Mêlée à un conflit avec les Juifs hassidiques, une citoyenne veut qu'on cesse d'utiliser l'Holocauste pour la « museler ».

Sources : Conseil d'arrondissement d'Outremont (1:48:00 à 1:53:30 et 2:06:00 à 2:08:54), La PresseLe Journal de Monréal et CIJA / Photo : CC9

Lundi, un conseil d'arrondissement a eu lieu à Outremont et les tensions étaient très élevées entre les Juifs hassidiques et les autres citoyens, dont plusieurs portaient un carré jaune sur leurs vêtements.

Il s'agissait pour eux d'une façon de protester contre les nombreux autobus scolaires de Juifs hassidiques qui s'arrêtent devant chaque maison où il y a un enfant, et ce, « douze mois par année ». Résultat : les rues résidentielles sont bloquées.

C'est tout ce qu'il a fallu pour que Jennifer Dorner, une membre de Pluralisme Outremont, accuse ces citoyens d'être insensibles à l'Holocauste. Elle a clamé que leurs carrés jaunes rappelaient les « symboles jaunes » que devaient porter les Juifs en Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale.

En conséquence, Mme Dorner a demandé à ces citoyens d'enlever les carrés jaunes de leurs vêtements par respect pour les Juifs hassidiques d'Outremont, qui forment près du quart de la population de la ville.

Une citoyenne, Ginette Chartre, n'a pas du tout aimé que son carré jaune soit associé à l'Holocauste. « Si [les carrés] sont jaunes, ce n'est pas pour rappeler aucun passé historique. […] Pour avoir un symbole de l'autobus, on peut pas le mettre rose, ni noir, ni beige ! Il est jaune l'autobus ! », s'est-elle exclamée.

Mme Chartre est allée plus loin et a clamé que « museler » les gens en se servant de l'histoire de son peuple n'était pas une façon de procéder. À un moment donné, a-t-elle insisté, il faut dépasser son histoire – sans l'oublier – pour avancer. « Je suis Acadienne. C'est nous qui avons bâti l'Amérique. C'est nous qui avons souffert. C'est nous qui avons subi la déportation. On peut vous faire brailler longtemps. »

Elle a conclu ainsi : « On a accueilli plein de personnes ici pour faire partie de notre projet de société – et on veut encore les accueillir. Mais on veut être respecté. Alors on ne musèle pas les autres par notre histoire. »

Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes-Québec a déclaré par communiqué de presse : « Nous encourageons les élus d'Outremont à demeurer fermes dans leur rejet de tout comportement incivique et à assurer que le Conseil de ville ne serve jamais de forum pour stigmatiser des citoyens de l'arrondissement. »

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Commentaires

Au-delà du titre lapidaire et stigmatisant du commentaire précédent qui reflète bien, je crois, la ligne de pensée du "carré jaune", sachez que la CSDM impose aux parents de "Être présent à l’arrêt avec l’enfant" et ce "cinq minutes à l’avance" (source: http://csdm.ca/autres-services/transport-scolaire/)

Sachant que le coin de rue est parfois situé à plus de 200 mètres (environ 450 m séparent la rue St-Viateur de la rue Fairmount), les parents hassidiques dont le conjoint est déjà parti au travail ou à son lieu de culte devraient quitter leur foyer pendant une quinzaine de minutes. Ils ont beaucoup d'enfants, allant à plusieurs écoles, et souvent des bébés en couche. Je vous laisse imaginer le cauchemar quotidien que vous leur proposez.

Personnellement, 6 jours par semaine, je vois et entends 30 à 40 bus jaunes passer devant ma fenêtre de la rue Hutchison. C'est parfois un peu irritant mais je vis avec par respect pour la réalité de mes voisins et parce que j'aime les enfants.

"Nul n'est prophète dans son pays". Voilà où nous en sommes. Les hassidiques pourraient faire comme la plupart des Québécois, marcher jusqu'à un endroit donné où le bus pourrait les embarquer à bord. Ainsi, ils prendraient l'air et ça ne dérangerait pas tous les quartiers. C'est ce que nous faisions quand j'étais jeune et je ne suis pas morte.