Partial, le Conseil de presse ?

Partial, le Conseil de presse ?

ven, 29/06/2018 – 20:30
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Deux décisions concernant des plaintes déposées contre Radio-Canada et Le Journal de Montréal soulèvent des questions.

Voici la ou les sources de cet article : Conseil de presse #1, #2 et #3 / Voici la source de la photo : CC0

Deux jugements récents du Conseil de presse soulèvent des questions quant à la partialité de l'organisme. Le premier jugement implique Le Journal de Montréal et le chroniqueur Richard Martineau ; le second, Radio-Canada et son émission Tout le monde en parle, animé par Guy A. Lepage.

Le Journal de Montréal

Le 12 juillet 2017, un citoyen, Olivier Larocque, a porté plainte contre le chroniqueur Richard Martineau et le quotidien Le Journal de Montréal pour un article sur Omar Khadr, qui a reçu du fédéral 10,5 millions $ à titre de compensation pour la manière dont il a été traité par le Canada.

Le plaignant reprochait « un manque de rigueur de raisonnement » de la part du chroniqueur. Dans l'article, M. Martineau remettait en doute le statut d'enfant-soldat d'Omar Khadr, soutenant qu'il avait participé de plein gré aux activités terroristes de sa famille aux côtés d'Oussama Ben Laden et d'Al-Qaida, ce que le plaignant n'avait pas apprécié. Celui-ci avait notamment soutenu que M. Martineau avait tenté « de véhiculer une fausse image de ce qu'est un enfant-soldat [...] par l'utilisation de préjugés et de lieux communs ».

Le Conseil de presse lui a donné raison. Dans sa décision prise le 20 avril dernier, mais rendue publique vendredi, le Conseil affirme qu'il « retient la plainte de M. Olivier Larocque et blâme M. Richard Martineau, chroniqueur, ainsi que le quotidien Le Journal de Montréal pour le grief de manque de rigueur de raisonnement ».

Radio-Canada

Quinze plaignants ont porté plainte contre l'édition du 3 avril 2018 de l'émission Tout le monde en parle, diffusée à Radio-Canada, pour « inexactitudes » et « partialité ». La plainte vise principalement l'animateur Guy A. Lepage qui, ce soir-là, animait « un débat entre Mme Nathalie Provost, porte-parole de ''Poly se souvient'', et M. Guy Morin, président de ''Tous contre un registre québécois des armes à feu'', au sujet du projet de loi no 64 relatif à l'immatriculation des armes à feu ».

Les plaignants reprochent entre autres à Mme Provost d'avoir fourni de fausses informations lors du débat et à Guy A. Lepage de ne pas avoir corrigé les erreurs. L'un des plaignants jugeait en outre que l'information transmise lors du débat « n'a pas été traitée en toute indépendance puisque l'animateur de foule [...] privilégiait un type de commentaires et d'opinions, ce qui pouvait influencer [le téléspectateur] vers une prise de position favorisée par un ou des membres de l'équipe de l'émission ».

Le Conseil de presse a cette fois rejeté la plainte.

Partialité ?

Ce dernier a-t-il donc fait preuve de partialité ? Il est permis de poser la question, et ce, pour au moins deux raisons. D'abord parce que les médias réunis sous la bannière de Quebecor Média ne sont pas membres du Conseil, contrairement à Radio-Canada. Ensuite parce que parmi les six membres journalistes, trois sont précisément de Radio-Canada. Les trois autres sont des employés du Devoir, du Nouvelliste et de La Presse.

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