La condition masculine n'est vraiment pas reluisante au Québec

La condition masculine n'est vraiment pas reluisante au Québec

lun, 19/11/2018 – 16:00
Posté dans :
7 commentaires

Aujourd'hui, Journée internationale de l'homme, nous avons reçu un coup de fil d'un intervenant qui avait des choses à dire.

Voici la ou les sources de cet article : Le NouvellisteÉquipe Autonomiste, Statistique CanadaImpact Campus, Lettre de Stéphane Pouleur, YouTube et Entrevue avec Stéphane Pouleur / Voici la source de la photo : CC0

Stéphane Pouleur, agronome de formation, est le chef du Parti Équipe Autonomiste, une formation citoyenne qui ambitionne d'influencer le débat politique vers une plus grande responsabilisation des citoyens. Créée par d'anciens militants adéquistes, cette formation politique défend une vision de société où les interventions de l'État seraient limitées au strict minimum, tout en misant sur « la responsabilité individuelle, l'équité entre les générations, l'égalité hommes-femmes et la protection des valeurs et traditions québécoises », pour reprendre un article publié par le Nouvelliste en 2012.

Deux poids, deux mesures à l'Université Laval

C'est à la suite de notre article portant sur le projet avorté de mettre sur pied une bourse d'études spécialement dédiée aux jeunes hommes, à l'Université Laval, que nous avons reçu plusieurs coups de fil d'intervenants souhaitant témoigner face à cette question épineuse. En effet, l'Université Laval, qui refuse d'administrer des bourses d'études consacrées aux hommes, permet que les femmes puissent se prévaloir de ce type d'aide dans plus d'une vingtaine de programmes.

Cette situation de deux poids deux mesures a fait bondir notre interlocuteur, Stéphane Pouleur, qui nous a appelés tôt en matinée afin de faire le point sur la condition de l'homme dans un contexte où une sorte d'omerta règne sur la question.

La condition masculine est passée sous silence

Nous rappelant que le 19 novembre correspond à la Journée internationale de l'homme, M. Pouleur nous fait remarquer que cette célébration est passée sous silence par l'ensemble de la classe médiatique, a contrario d'une Journée internationale des femmes qui, elle, fait l'objet d'un battage publicitaire de grande envergure.

En effet, après avoir épluché la page d'accueil de nombreux médias dominants, force est de reconnaître que l'événement a été « passé à la trappe », comme on dit. Seul Le Peuple semble se préoccuper de la condition masculine, sans pour autant faire dans le « masculinisme ».

Les hommes n'ont pas la vie facile

Contrairement aux femmes qui ont l'habitude d'entretenir une multitude de réseaux d'entraide, les hommes ont plutôt l'habitude de s'occuper de leurs oignons, tout seuls dans leur coin. Et, pourtant, M. Pouleur nous rappelle que « les hommes, qui représentent un peu moins de la moitié de la population, sont pourtant affectés par de nombreux problèmes qui sont loin d'être accessoires. Ainsi, autour du trois quarts des suicides sont le fait d'hommes qui veulent en finir avec des conditions de vie qui peuvent être insupportables », plaide-t-il.

Les hommes québécois qui, de l'avis de la doxa féministe, seraient des privilégiés sur toute la ligne seraient, dans les faits, en train de vivre une nouvelle forme de discrimination sur le plan de la parole, de la représentation médiatique ou des soutiens gouvernementaux. M. Pouleur nous rappelle qu'outre le taux de suicide qui affecte la gent masculine, le décrochage scolaire chez les garçons peut être comparable à une hécatombe et, chose rarement soulignée par les médias dominants, 90 % des itinérants sont... des hommes.

Vers une véritable solidarité entre les sexes

« Le mouvement féministe avait sa raison d'être, mais ils ont été trop loin », tente de conclure notre interlocuteur, tout en soulignant le fait que « beaucoup d'organismes féministes moussent des revendications incessantes dans un esprit de clientélisme, afin d'obtenir toujours plus de subventions, tout en culpabilisant les hommes à outrance ». Stéphane Pouleur estime que le balancier ne peut faire autrement que de pencher vers les hommes, non pas pour nuire à la condition féminine, mais bien pour que la gent masculine « soit capable de faire preuve d'une plus grande solidarité ».

C'est d'ailleurs ce qui l'a poussé à formuler une plainte officielle contre la discrimination mise en œuvre à l'Université Laval contre les hommes. Stéphane Pouleur estime que la parité a été atteinte depuis belle lurette dans cette université, alors que les jeunes femmes y sont surreprésentées dans la majorité des départements. Rien n'est fait pour donner un coup de pouce aux étudiants masculins afin de remonter la pente. M. Pouleur estime qu'il s'agit d'une « parité à sens unique ».

Nous avons besoin de votre aide !

Bien que notre journal soit encore tout jeune, il a connu une progression fulgurante – et ce, grâce à vous. Désormais, nous souhaitons passer à la vitesse supérieure afin de bâtir un véritable média de masse indépendant. Pour cela, nous avons besoin de votre implication. Vous pouvez faire la différence.

Suivez notre journal afin de ne rien manquer de nos derniers articles :

Suivre le journal

Aidez-nous dès maintenant avec une contribution financière :

Donner de l'argent

Que pensez-vous de cet article ?