Le discours intégriste trop bien toléré au Québec ?

Le discours intégriste trop bien toléré au Québec ?

ven, 10/27/2017 – 13:27
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Selon le Centre de prévention de la radicalisation, les mosquées québécoises prônent un discours modéré. Fausse nouvelle. Cet article fait partie de notre dossier sur la montée de l'intégrisme au Québec.

Sources : Rue Frontenac, Point de bascule #1, #2, #3, La Presse #1, #2, TVA Nouvelles #1, #2, Le Journal de Montréal, The Toronto Sun, The Canadian Jewish News, CBC News, Poste de veille #1, #2#3 et Dreuz / Photo : YouTube

Voici le dernier article de ce dossier sur la montée de l'intégrisme au Québec. Il fait un survol de cas recensés ces dernières années dans certaines mosquées et associations musulmanes, autres que celles que nous avons évoquées dans les autres articles.

La mosquée Al-Rawdah

Le 6 avril 2014, la mosquée Al-Rawdah, de Montréal, avait invité l'imam extrémiste Siraj Wahhaj. Membre des Frères musulmans, l'une des organisations responsables de la montée de l'intégrisme au vingtième siècle, Wahhaj est ouvertement sympathique à Al-Qaida et n'a jamais caché qu'il était favorable à ce que les hommes musulmans battent leurs femmes, un discours récurrent chez les islamistes. Il avait été désigné co-conspirateur non inculpé dans le procès pour l'attentat à la voiture piégée contre le World Trade Center en 1993.

Amer Hussein, l'imam de la mosquée, soutient lui aussi que les hommes ont le droit de battre leur femme. Ce serait, selon lui, une manière « halal » de les éduquer. Il se réfère souvent à cette sourate du Coran : « Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, [puis si elles persistent] éloignez-vous d'elles dans leur lit, et [en dernier recours] frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles » [Sourate An-Nisa, 34].

La mosquée Al-Omah Al-Islamiah

Cette mosquée montréalaise avait tenu une conférence intitulée « Entre ciel et terre » avec comme invités des personnalités de l'islam intégriste, dont Mohamed François et Mohammed Patel.

Mohamed François, un imam français, interdit aux musulmans de se mélanger aux Français non musulmans, de même qu'il les incite explicitement à rejeter la France, ses traditions, son peuple et les fêtes comme Noël. Mohammed Patel, un autre imam français, est issu de la même école de pensée islamiste que les tristement célèbres talibans.

La conférence « Entre ciel et terre » devait avoir lieu au Palais des congrès, mais elle avait été annulée parce que des musulmans modérés s'étaient opposés à la venue de prédicateurs extrémistes. La mosquée Al-Omah Al-Islamiah s'était alors portée volontaire.

L'école Dar al-Iman

Les gestionnaires de l'école Dar al-Iman ont versé des fonds à Human Concern International, autrefois lié à Al-Qaida, et à IRFAN-Canada, un organisme dont le statut de bienfaisance a été révoqué après qu'une enquête eut démontré qu'il avait transféré 14,6 millions $ au Hamas.

De 2001 à 2011, Lazhar Aissaoui, le directeur de l’école, a été directeur puis trésorier de la Muslim Association of Canada (MAC), qui se réclame des Frères musulmans. Durant cette période, la MAC a transféré des centaines de milliers de dollars aux collecteurs de fonds du Hamas au Canada.

La mosquée de Brossard

L'imam de la mosquée de Brossard, Foudil Selmoune, a déjà dit, lors d'une entrevue, que « les lois de Dieu ordonnent l’amputation et la lapidation et qu'on [ne] peut pas les changer ». Selmoune fut l’instigateur d’un projet de conseil de la charia au Québec en 2004.

Un des anciens fidèles de la mosquée, Misbahuddin Ahmed, a reçu une peine de 12 ans de prison en 2014 après avoir été reconnu coupable de conspiration pour avoir participé aux activités d'un groupe terroriste. Lui et deux complices avaient été arrêtés par la GRC parce qu'ils avaient prévu de construire des engins explosifs improvisés. Ils prévoyaient de lancer une attaque contre une cible non désignée au Canada.

La mosquée Al-Andalous

La police de Montréal a dû enquêter sur une vidéo filmée en 2014 à la mosquée Al-Andalous, de l'arrondissement Saint-Laurent, où un prêcheur, Sayed al-Ghitawi, appelait à « détruire les Juifs maudits ». La vidéo a été accessible pendant trois ans sur YouTube sans qu'elle fût l'objet de censure de la part du site web. Al-Ghitawi n'a finalement jamais été arrêté puisque le procureur de la Couronne a jugé qu’il n’y avait pas assez de preuves pour l'accuser d’incitation au génocide.

La mosquée Dar al-Arqam

Autre cas de propos antisémites, cette fois tenus par le Jordanien Mohammed bin Musa al-Nasr à la mosquée Dar al-Arqam du quartier Saint-Michel, à Montréal. « Ô musulman, serviteur d'Allah, il y a un juif derrière moi, viens le tuer », avait-il dit, entre autres choses, lors d'un sermon. Cela se passait en décembre 2016, et en juillet 2017 la police a lancé un mandat d’arrestation contre lui.

Un autre prêcheur extrémiste, Abou Hammaad Sulaiman Dameus al-Hayiti, offre des cours à cette mosquée. Or, Al-Hayiti a écrit que l’islam ordonne aux musulmans de détruire la démocratie, les droits de l’homme, la laïcité, la liberté et la modernité. Pour lui, l'homme est supérieur à la femme et il ne devrait y avoir aucune place pour les homosexuels dans la société.

La mosquée Al-Qods

La mosquée Al-Qods a été créée et dirigée par l’imam Said Jaziri, par l’entremise de son Association coranique de Montréal. Jaziri a été expulsé vers la Tunisie en 2007 à cause de ses antécédents criminels de violence en France, qu’il avait dissimulés aux agents canadiens de l’immigration. Puis il a été arrêté aux États-Unis en 2011 pour immigration illégale. Il était surtout connu pour avoir tenu des propos homophobes. Il dirige aujourd'hui le Parti Errahma, à tendance fondamentaliste, en Tunisie.

Chiseb Esseghaier, qui a été condamné à la prison à vie en 2015 pour avoir tenté de faire dérailler un train de passagers de VIA Rail, avait fréquenté la mosquée Al-Qods.

L'ouverture à tout prix

L'islam est une religion de paix, dit-on. Pour les modérés peut-être, certainement pas pour les intégristes, dont on oublie qu'ils assurent une présence forte en Occident, y compris au Québec. Une présence tolérée par des politiciens désireux de séduire la clientèle musulmane et de se montrer ouverts aux autres, un concept à la mode.

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