Sherbrooke, une usine à terroristes ?

Sherbrooke, une usine à terroristes ?

lun, 10/16/2017 – 10:30
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Deux associations musulmanes y ont formé une véritable cellule islamiste. Doit-on parler du « mystère Sherbrooke » ? Cet article fait partie de notre dossier sur la montée de l'intégrisme au Québec.

Sources : Le Journal de Montréal, TVA Nouvelles, La Tribune et Seneweb / Photo : Delf Berg

La diaspora musulmane de Sherbrooke vit plutôt en harmonie avec les autres communautés, mais de récents événements ont quelque peu noirci le tableau. Deux associations musulmanes sont en cause : l'Association des musulmans de l'Université de Sherbrooke et l'Association culturelle islamique de l'Estrie.

L'Association des musulmans de l'Université de Sherbrooke

Officiellement, la mission de l'Association des musulmans de l'Université de Sherbrooke (AMUS), selon le site de l'organisation, est de « regrouper les musulmanes et musulmans de l’Université de Sherbrooke », de « faciliter l’accomplissement des rites islamiques » et de « proposer des activités culturelles, sociales et sportives ». Une organisation somme toute normale, donc. Pourtant, cinq étudiants qui l'ont fréquentée ont été liés à des activités terroristes au cours des dernières années.

D'abord, Samir Halilovic, Youssef Sakhir et Sayed Zakria Habibi, tous trois partis joindre les troupes de l'État islamique. Samir Halilovic a laissé un dernier message sur son compte Facebook le 7 avril 2014 alors qu'il disait être en compagnie de Youssef Sakhir dans une pizzéria de la rue Sainte-Catherine, à Montréal. Il aurait depuis lors été tué en Syrie. Zakria Habibi est porté disparu depuis le 17 juillet 2014. Aux dernières nouvelles, il était toujours actif au sein de l'État islamique. Quant à Youssef Sakhir, personne n'a entendu parler de lui depuis sa disparition.  

Un autre ancien étudiant membre de l'AMUS, Assane Kamara, est écroué dans une prison de Dakar, au Sénégal, où il doit subir un procès pour activités terroristes. Kamara aurait tenté de rejoindre le groupe Al-Shabaab, de la Somalie, allié d'Al-Qaida. Aux enquêteurs sénégalais, Kamara a avoué avoir fréquenté l'Association des musulmans de l'Université de Sherbrooke. Il a bien connu Samir Halilovic, Youssef Sakhir et Sayed Zakria Habibi. Samir Halilovic avait d'ailleurs effectué plusieurs virements d'argent destinés au compte bancaire de Kamara.

Enfin, un autre ancien membre de l’AMUS, Chiseb Esseghaier, a été condamné à la prison à vie en 2015 pour avoir tenté de faire dérailler un train de passagers de VIA Rail.

Tant l'AMUS que l'Université de Sherbrooke ne se sont jamais vraiment expliquées sur ces événements troublants.

L'Association culturelle islamique de l'Estrie

L'Association culturelle islamique de l'Estrie (ACIE) est la principale mosquée de Sherbrooke. Quatre des cinq jeunes que nous avons cités précédemment – soit Chiheb Esseghaier, Samir Halilovic, Youssef Sakhir et Sayed Zakria Habibi – avaient fréquenté ce lieu de culte.

L’immeuble qui abrite l’Association est la propriété d'une filiale de l’Islamic Society of North America (ISNA), dont une autre filiale, l'ISNA Development Foundation, s'est vu retirer son statut d'oeuvre de bienfaisance en septembre 2013 pour avoir acheminé 282 000 $ au Jamaat-e-Islami, une organisation pakistanaise reconnue comme entité terroriste par l'Union européenne. La maison mère américaine de l'ISNA, selon le FBI, aurait contribué à financer le Hamas, lui aussi reconnu comme entité terroriste par la plupart des pays occidentaux.

Un ouvrage appelé Quelques Enseignements indispensables à tout musulman s'était déjà retrouvé dans un présentoir de la mosquée. Or, des passages de cet ouvrage en ont fait sourciller plus d'un. On y apprenait, entre autres, que la femme doit obéir à son mari, en particulier quand il a envie d’elle, que l'homosexualité est un horrible péché, et que les mécréants, soit tous les adeptes des religions autres que l’islam, sont destinés à l’enfer.

Les inquiétudes de la population sherbrookoise

À la lumière de ce que l'on vient de lire, une question s'impose : y a-t-il une cellule islamiste à Sherbrooke ? Jusqu'à présent, personne n'a pu y répondre. Or, le silence des deux associations abordées dans cet article n'aidera certainement pas à dissiper les inquiétudes de la population sherbrookoise à ce sujet.

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