Les effets pervers du mouvement #MoiAussi ou #MeToo

Les effets pervers du mouvement #MoiAussi ou #MeToo

mer, 10/10/2018 – 12:15
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Des chercheuses nous apprennent que leurs collègues masculins craignent dorénavant de former la relève féminine.

Voici la ou les sources de cet article : The Star / Voici la source de la photo : CC0

« Sans mentor, les femmes ne jouissent pas des mêmes opportunités que leurs collègues masculins » : c'est ce que nous apprend la docteure Catherine Zan, une scientifique travaillant au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) à Toronto.

Celle-ci, au côté de cinq autres professionnelles qui sont toutes des femmes occupant de hautes fonctions dans le domaine de l'éducation de la santé, met en garde les Canadiens contre l'effet pervers du mouvement #MoiAussi ou #MeToo. Les chercheuses sont d'avis que dorénavant, les médecins et scientifiques de sexe masculin sont de plus en plus réfractaires à l'idée de former de jeunes filles par crainte d'être injustement accusés d'inconduite sexuelle.

Un phénomène endémique

Rappelons qu'aux États-Unis, des sondages avaient révélé que 45 % des gestionnaires masculins étaient désormais moins à l'aise à l'idée de participer à une activité commune en présence de collègues ou de subordonnés féminins. En outre, 16 % des gestionnaires masculins se disaient mal à l'aise à l'idée d'offrir du mentorat aux femmes alors qu'ils étaient 5 % à penser ainsi avant la vague d'accusations publiques issue du mouvement #MeToo. Par conséquent, la tendance semble maintenant généralisée, et ce, autant en milieu professionnel que dans les milieux académiques.

Les hommes en repli

Selon la docteure Sophie Soklaridis, aussi membre du CAMH, le plus triste dans cette histoire, c'est que plusieurs hommes refusent maintenant de superviser des femmes, et ce, à des fins préventives. En effet, bien que ceux-ci n'aient rien à se reprocher et qu'ils seraient vraisemblablement acquittés en cas d'accusations criminelles, les hommes craignent maintenant d'être discrédités, jugés et condamnés sur la place publique sans bénéficier d'un processus juste et équitable.

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