Une musulmane remporte sa bataille contre un blogueur

Une musulmane remporte sa bataille contre un blogueur

ven, 13/07/2018 – 12:30
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Philippe Magnan, du site Poste de veille, devra verser 60 000 $ à Dalila Awada en dommages-intérêts pour diffamation.

Voici la ou les sources de cet article : SOQUIJVoici la source de la photo : ibourgeault_tasse, FlickrCC BY 2.0

Philippe Magnan, blogueur et gestionnaire du site Internet Poste de veille, devra verser 50 000 $ en dommages-intérêts pour diffamation et 10 000 $ à titre de dommages punitifs à Dalila Awada, figure bien connue de la communauté musulmane du Québec.

Ce que reprochait Mme Awada à M. Magnan, c'était de l'avoir associée au cercle khomeiniste de Montréal dans plusieurs articles et reportages vidéos publiés sur le site Poste de veille. Le blogueur, pour appuyer ses dires, avait fait remarquer que Mme Awada fréquentait la mosquée du Centre Communautaire Musulman de Montréal (CCMM), présidée par l'imam Ali Sbeiti. Celui-ci, un islamiste convaincu, parraine des discussions tenues à l'Association Bridges, que fréquentait également Mme Awada, sur des sujets relatifs à l'islam.

Or, le CCMM commémore annuellement le décès de l'ayatollah Khomeini, le fondateur de l'Iran islamiste, afin de lui rendre hommage. L'imam Sbeiti se réfère en outre à l'actuel leader de la république iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei. Toujours selon Poste de veille, Ali Sbeiti aurait participé à des événements du Hezbollah, un groupe lié à l'Iran et désigné comme terroriste par la plupart des pays occidentaux.

Lors de son témoignage devant le Tribunal, Mme Awada a nié « toute allégeance islamiste, intégriste ou à des groupes musulmans radicaux nationaux ou internationaux ». Elle a également affirmé qu'elle ne connaissait ni le khomeinisme ni la politique iranienne, de même qu'elle a dit ignorer si l'Association Bridges ou le CCMM étaient khomeinistes.

De son côté, M. Magnan a avoué qu'il avait « instrumentalisé » Mme Awada pour soutenir ses positions et reconnu qu'elle n'était pas une islamiste.

Dalila Awada est une figure notoire du mouvement qui se porte à la défense du multiculturalisme et des femmes qui, comme elle, portent le voile. Elle avait fait parler d'elle lors du congrès de Québec solidaire en mai 2017 où elle avait accusé le Parti québécois de racisme : « Pour les communautés racisées au Québec, l'ennemi est double. Il s'incarne à la fois dans le néolibéralisme et dans le racisme. Le Parti québécois, aujourd'hui, porte en lui ces deux bêtes », avait-elle formulé, ce qui lui avait valu des demandes d'excuses du PQ.

Le Journal de Montréal l'a incluse dans sa liste des « 31 femmes québécoises inspirantes à surveiller en 2018 ».

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