Quand Star Trek offusque les adeptes de la rectitude politique

Quand Star Trek offusque les adeptes de la rectitude politique

mer, 10/04/2019 – 15:30
Posté dans :
0 commentaire

Un citoyen canadien tente de forcer la Société d'assurance publique du Manitoba à reconnaître sa liberté d'expression.

Voici la ou les sources de cet article : JCCF, The National Post et CTV News / Voici la source de la photo : JD Hancock, FlickrCC BY 2.0

Nicholas Troller, un résident manitobain, tente de forcer la Société d'assurance publique du Manitoba (SAPM) à lui remettre sa plaque d'immatriculation sur laquelle est inscrite ASIMIL8, une référence à Star Trek. C'est le Centre de justice pour les libertés constitutionnelles qui a plaidé la cause de M. Troller, lundi, devant la Cour du Banc de la Reine. Le juge responsable du dossier a décidé de prendre la cause en délibéré.

Les faits à l'origine de la cause

Le 24 avril 2017, MaryAnn Wilhelm, une résidente ontarienne, aurait vu une photo de la plaque de M. Troller circuler sur Facebook, accompagnée de la question suivante : « Est-ce véritablement une plaque émise par la SAPM ? » Mme Wilhelm, qui est elle-même l'une des responsables de la Commission autochtone du Nouveau Parti démocratique, avait ensuite partagé la publication à la SAPM. Notons qu'elle avait également pris la peine d'informer les médias de la situation.

Le jour même, la Société d'assurance publique du Manitoba avait aussitôt révoqué la plaque d'immatriculation de Nick Troller. La SAPM avait motivé sa décision en alléguant que le mot « asimil » rappelait les tentatives d'assimilation du Canada à l'égard des Autochtones. D'après M. Troller, cette intervention est totalement ridicule, d'autant plus que sa plaque d'immatriculation comprenait les inscriptions « Nous sommes les Borgs » et « La résistance est futile », deux autres références à la série de science-fiction populaire.

Le Centre de justice pour les libertés constitutionnelles avait voulu aider M. Troller en demandant à la SAPM de rétablir sa plaque d'immatriculation. Leurs efforts n'ayant pas porté leurs fruits, M. Troller et le Centre avaient donc décidé de porter le dossier devant la cour pour défendre le droit à la liberté d'expression, qui, selon eux, était plus important que le droit à ne pas être offensé.

Quand la liberté d'expression s'oppose au « politiquement correct »

L'avocat représentant la SAPM, Me Charles Murray, a tenté de justifier le retrait de la plaque d'immatriculation en prétextant qu'elle faisait penser à un « génocide culturel ». Plaidant sa cause, il a avancé que le terme « assimiler », peu importe s'il réfère à des Amérindiens ou à des extraterrestres imaginaires, « appelle à éradiquer le caractère unique des personnes ».

Plus tard dans une entrevue, le président du Centre de justice pour les libertés constitutionnelles, John Carpay, a rappelé que le retrait des libertés avait tendance à se faire de manière graduelle. « Si une personne ne peut pas exprimer son enthousiasme pour Star Trek en utilisant un mot qui est intrinsèquement non offensant, il s'agit d'un petit pas dans la mauvaise direction », a-t-il lancé pour appuyer son point.

Nous avons besoin de votre aide !

Le premier ministre Justin Trudeau s'est allié aux médias traditionnels en leur offrant près de 600 millions de dollars. Au média Le Peuple, nous refusons toute aide gouvernementale. Afin de survivre et de devenir un véritable média de masse indépendant, nous avons cependant besoin de votre implication. Vous pouvez faire la différence.

Aidez-nous financièrement en achetant un abonnement :

Acheter un abonnement

Suivez notre journal afin de ne rien manquer de nos derniers articles :

Suivre le journal

Que pensez-vous de cet article ?