Ressortissants syriens : un crime d'honneur évité à Granby

Ressortissants syriens : un crime d'honneur évité à Granby

mar, 09/07/2019 – 15:30
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« Nous n'avons pas peur de la police, du Canada ou qu'on nous rapatrie en Syrie », a lancé la mère de famille.

Voici la ou les sources de cet article : La Tribune et 98,5 Montréal (00:38 à 3:35) / Voici la source de la photo : CC0

Trois Syriens vivant à Granby, dont une femme âgée de 39 ans nommée Madjeh Halawleh, ainsi que ses deux fils de 18 et 20 ans, Yazn et Rami Aiesh, sont détenus depuis le 25 juin. La procureure chargée du dossier, Me Valérie Simard-Croteau, s'oppose à leur remise en liberté parce qu'elle craint que ces derniers commettent un crime d'honneur.

La présumée victime, un homme qui a quitté le Québec parce qu'il craint pour sa vie, aurait eu une relation sexuelle avec un membre de sexe féminin de la famille Aiesh, mais aurait refusé de marier la jeune femme. Cette fin de non-recevoir aurait mis en colère les accusés au point de les pousser à menacer l'homme. « Tu ne connais pas la famille Aiesh », « le sang va couler » et « on peut agir dans la terreur » sont des propos qui auraient été tenus à l'égard du plaignant.

Selon ce qu'a rapporté le quotidien la Tribune, un enregistrement diffusé en cour a permis d'entendre Mme Halawleh lancer la mise en garde suivante : « Nous n'avons pas peur de la police, du Canada ou qu'on nous rapatrie en Syrie. »

D'après le père de famille, Fuaad Aiesh, il s'agit avant tout d'une question d'honneur, un principe « très important » à leurs yeux. « Nous ne voulons pas la marier, mais comme il a eu une relation sexuelle avec elle, il faut préserver son honneur », a-t-il déclaré pendant qu'il témoignait pour appuyer les accusés. Bien qu'il ait nié avoir eu connaissance de menaces de mort ou de comportements harcelants, M. Aiesh a admis que « des mots durs avaient été prononcés ».

Me Mireille Leblanc, l'avocate de la défense, soutient que ses clients, qui n'ont pas d'antécédent judiciaire, devraient être remis en liberté pendant les procédures judiciaires. En revanche, Me Simard-Croteau estime que les accusés sont des « individus qui obéissent à leurs propres lois et leur propre code d'honneur, sans égard au fonctionnement de la société québécoise qui érige au premier plan la notion de liberté et de droit des femmes ».

La procureure n'a d'ailleurs pas hésité à effectuer un parallèle entre le présent dossier et la cause des Shafia, une affaire qui remonte maintenant à 2009. Quatre femmes, dont Geeti, Sahar et Zainab Shafia, ainsi que Amir Mohammad avaient été retrouvées mortes dans une voiture au fond d'une écluse en Ontario. Elles avaient été tuées par le père de famille, Mohammad Shafia, sous prétexte qu'elles vivaient à « l'Occidental ».

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