Crime d'honneur évité à Granby : les accusés libérés

Crime d'honneur évité à Granby : les accusés libérés

jeu, 11/07/2019 – 13:00
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D'après le juge, les circonstances ne justifient pas que les ressortissants syriens soient détenus jusqu'à leur procès.

Voici la ou les sources de cet article : Le Journal de Montréal et Le Soleil / Voici la source de la photo : CC0

Mercredi, le juge Serge Champoux a accepté de libérer trois ressortissants syriens, soit une femme âgée de 39 ans nommée Madjeh Halawleh, ainsi que ses deux fils de 18 et 20 ans, Yazn et Rami Aiesh, alors que ces derniers sont potentiellement impliqués dans une affaire qui s'apparente à un crime d'honneur. La norme, a affirmé le magistrat, est de relâcher les accusés lorsqu'ils n'ont pas d'antécédents judiciaires.

Rappelons que la présumée victime, un homme qui avait quitté le Québec parce qu'il craignait pour sa vie, aurait eu une relation sexuelle avec un membre de sexe féminin de la famille Aiesh, mais aurait refusé de marier la jeune femme. Cette fin de non-recevoir aurait mis en colère les accusés au point de les pousser à menacer l'homme en question. « Tu ne connais pas la famille Aiesh », « le sang va couler » et « on peut agir dans la terreur » sont des propos qui auraient été tenus à l'égard du plaignant.

Selon ce qu'a rapporté le quotidien la Tribune, un enregistrement diffusé en cour avait permis d'entendre Mme Halawleh lancer la mise en garde suivante : « Nous n'avons pas peur de la police, du Canada ou qu'on nous rapatrie en Syrie. »

Malgré le sérieux des menaces, le magistrat a relâché les accusés en s'assurant qu'ils respectent certaines conditions, notamment de ne pas tenter de contacter la présumée victime et la jeune femme. La mère et ses deux fils ont également dû chacun verser une somme de 1 000 $ et confier au greffe les pièces d'identité de la jeune fille pour éviter qu'elle soit mariée de force. Yazn Aiesh, lui, devra entreprendre une thérapie pour régler ses problèmes d'impulsivité et de violence.

Selon le juge, « une population bien informée ne comprendrait pas pourquoi [ils] seraient traités différemment des autres citoyens canadiens placés dans une situation semblable. N'eût été la composante de crime d'honneur, les conditions de remise en liberté auraient été convenues sans difficulté. »

Notons que les accusés devront retourner devant le tribunal le 29 août prochain. À suivre.

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