La droite, nouvelle contre-culture

La droite, nouvelle contre-culture

mer, 26/06/2019 – 17:10
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Au 21e siècle, défendre les valeurs traditionnelles de l'Occident est perçu chez la gauche comme une intolérable dissidence.

Voici la source de la photo : Domaine public

Le troisième millénaire aurait dû être celui de la multiplication des idées. Les membres des plus vieilles générations qui avaient vécu le nazisme et le communisme n'avaient qu'un objectif en tête : être libres, indépendants et maîtres de leur personne. Pourtant, les dix-neuf dernières années ont plutôt prouvé que l'inverse est en train de se produire : jamais la liberté n'a été aussi bafouée qu'en cette période faste pour la rectitude politique.

Il est d'ailleurs étrange d'entendre encore évoquer de nos jours le libéralisme. Les relations de pouvoir au sein des sociétés occidentales sont aujourd'hui disséminées sur un échiquier politique où de nombreux groupes sectoriels s'unissent en une masse compacte formant le cadre d'une pensée unique et globalisante. Les libéraux du siècle des Lumières avaient vu les choses autrement.

À l'origine, le libéralisme devait favoriser l'autonomie des particularités, donc la diversité des opinions, mais il dut peu à peu se soumettre aux règles universelles prescrites par les exigences communautaires. Et ce sont précisément ces règles universelles qui ont crucifié le libéralisme sur la place publique.

En ces temps modernes, l'humeur n'est plus à la consécration de la liberté, mais à la sacralisation d'une certaine « vertu incontestable » imposée par des gourous sectaires devenus puissants le jour où ils ont obtenu la bénédiction de l'État. Ces gourous se meuvent paisiblement dans un univers politique où ils agissent en gardien de la « doctrine », s'assurant que les idées qualifiées de « droite » ne franchissent pas l'étape de la sanction royale.

Parmi ces gourous figurent des affidés d'une gauche radicale, idéaliste et profondément intolérante qui entretient depuis toujours un anti-occidentalisme primaire, résultat d'une analyse de l'Histoire qui fait porter sur les épaules des Occidentaux tous les maux de la terre. Mais cette gauche-là est minoritaire, alors pour mieux défendre sa cause elle s'accroche au bras de sa grande soeur, la gauche « progressiste », toujours très active dans les coulisses du pouvoir. Cette alliance circonstancielle a créé un monstre politique prompt à diaboliser l'adversaire idéologique qui se souvient avec nostalgie du temps où les valeurs occidentales trônaient au sommet de l'univers politique.

Les politiciens « libéraux » de ce côté-ci du globe ont oublié que le véritable libéralisme, celui des origines, favorise la concurrence des idées. Il faut donc voir dans la dénomination libérale de l'époque moderne un mensonge pure laine. Il est à se demander si, de nos jours, les libéraux ne sont pas plus proches de Karl Marx que de Benjamin Franklin. Car la société d'aujourd'hui, dominée par cette alliance « radical-progressiste », n'accorde pas la priorité à la liberté comme telle, mais à l'abandon de soi au profit d'un grand tout, l'universalisme, duquel sont issus le multiculturalisme et le mondialisme.

L'époque actuelle n'a pas encore engendré une dictature, tant s'en faut, mais elle a porté en terre ce que les philosophes des Lumières avaient proposé comme idéal : une société basée sur la souveraineté de l'individu et le savoir, un savoir obtenu par la diffusion de la connaissance relayée par des débats ouverts qui opposent mille et une possibilités, mille et une opinions et mille et une idéologies, donc une société qui ne devait pas craindre l'anticonformisme.

Ce constat nous oblige à souligner un curieux paradoxe : parce que la droite – conservatrice ou libertarienne – lutte pour garder intactes les traditions occidentales, du moins ce qu'il en reste, ses partisans sont les nouveaux porte-étendards de la contre-culture.

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