L'Organisation internationale de la francophonie : what ?

L'Organisation internationale de la francophonie : what ?

ven, 12/10/2018 – 07:45
Posté dans :
2 commentaires

Plus de la moitié des pays membres de l'OIF ne compte pas le français comme langue officielle.

Voici la ou les sources de cet article : Organisation internationale de la francophonie #1#2#3#4, Radio-Canada, Le Devoir, TVA Nouvelles #1, #2 / Voici la source de la photo : Treehill, WikimediaCC BY-SA 4.0

L'ombre plane au-dessus du dix-septième sommet de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) qui se tient jusqu'à vendredi en Arménie. Aux prises avec un déficit de 3,3 millions, l'OIF doit également composer avec une dispute autour de la présidence, avec à l'avant-scène la Québécoise Michaëlle Jean qui s'accroche à son poste.

Mais il y a plus, et une question, ici, mérite une attention particulière : que reste-t-il de francophone à l'OIF ? Déjà, le lieu de rendez-vous du sommet paraît suspect : Erevan, en Arménie. L'Arménie, là où résideraient seulement 20 000 francophones baignés dans une population de 3 000 000 d'âmes.

La francophonie a le dos large. Dans le monde, 21 pays comptent le français comme langue officielle, souvent partagée avec une ou plusieurs autres langues, comme c'est le cas au Canada et en Suisse. Pourtant, l'OIF regroupe 54 membres et 26 observateurs. Parmi ceux-là, on retrouve le Cambodge, la Roumanie, le Madagascar, la Bulgarie, l'Égypte, la Grèce, le Laos et la Moldavie, des pays aussi francophiles que le Québec est germanique. Chez les observateurs figurent, entre autres, la Corée du Sud, le Kosovo, la Pologne et les Émirats arabes unis, tout aussi étrangers à la langue de Molière.

Très étonnant, puisque le site de l'OIF décrit l'organisation comme une « communauté de destin consciente des liens et du potentiel qui procèdent du partage d'une langue, le français, et des valeurs universelles ». On voudrait bien y croire, mais la candidate pressentie pour remplacer Michaëlle Jean à la présidence de l'OIF, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, professe une opinion plutôt discordante sur le français. Voici ce que Madame avait à dire le 11 septembre 2011 : « L'anglais est une langue avec laquelle on va plus loin que le français. Au Rwanda, le français ne va nulle part. »

Malheureusement, Mme Mushikiwabo a en partie raison car, dans son pays, le français n'est plus enseigné dans les écoles. D'ailleurs, le président Paul Kagame a choisi l'anglais comme langue nationale et la rédaction des actes officiels du gouvernement se fait maintenant en anglais, selon ce que rapporte Radio-Canada.

Puis il y a Emmanuel Macron, président de la France, poids lourd de l'OIF évidemment, qui disait en mars dernier que « parler l'anglais renforce la Francophonie ». Son interlocuteur n'était nul autre que Philippe Couillard. C'est le même Emmanuel Macron qui a misé sur la candidature de Louise Mushikiwabo.

Francophonie, vous dites ?

Mise à jour : la Rwandaise Louise Mushikiwabo a finalement été élue à la tête de l'OIF.

Nous avons besoin de votre aide !

Le premier ministre Justin Trudeau s'est allié aux médias traditionnels en leur offrant près de 600 millions de dollars. Au média Le Peuple, nous refusons toute aide gouvernementale. Afin de survivre et de devenir un véritable média de masse indépendant, nous avons cependant besoin de votre implication. Vous pouvez faire la différence.

Aidez-nous financièrement en achetant un abonnement :

Acheter un abonnement

Suivez notre journal afin de ne rien manquer de nos derniers articles :

Suivre le journal

Que pensez-vous de cet article ?