La Direction de la protection de la jeunesse est en « crise »

La Direction de la protection de la jeunesse est en « crise »

ven, 25/01/2019 – 09:15
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C'est ce que croit la présidente de l'Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec.

Voici la ou les sources de cet article : SEAO #1, #2, NewsWireAssemblée nationaleLa Presse et Radio-Canada / Voici la source de la photo : CC0

« La société a évolué, les familles ont changé, les problèmes se sont complexifiés » : pour la présidente de l'Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ), Guylaine Ouimet, « [l]e moment est venu de moderniser le fonctionnement de la DPJ [Direction de la protection de la jeunesse] ».

Interrogée par La Presse, Mme Ouimet croit que le problème se situe, en partie, au niveau de la pénurie de travailleurs sociaux dans les centres jeunesse, mais surtout dans la diminution de services de première ligne. « Donc, les gens se retrouvent en protection de la jeunesse, alors que ça devrait être le dernier recours ! », affirme la présidente de l'OTSTCFQ.

Un autre intervenant interpellé par le quotidien numérique va dans le même sens. Selon Robert Pauzé, professeur retraité de la faculté des sciences sociales de l'Université de Sherbrooke, le taux important de resignalement des enfants à la DPJ appuie ce qu'avance Mme Ouimet. M. Pauzé explique que l'accompagnement proposé aux familles en détresse à la suite d'un signalement à la DPJ est trop court.

Or, ces services d'accompagnement sont offerts en première ligne. En effet, si ces familles réussissent à obtenir des services, « [...] il y a une pression pour que les durées de suivi ne soient pas illimitées », de l'avis de M. Pauzé. Autrement, les familles sont mises sur une liste d'attente.

Tous ces éléments font en sorte d'augmenter le resignalement d'enfants à la DPJ qui finissent par engorger le système.

La CAQ au diapason

Les difficultés auxquelles fait face la Direction de la protection de la jeunesse ne sont pas un nouvel enjeu et la question s'était même retrouvée à l'avant-plan médiatique pendant un moment au cours de la dernière campagne électorale.

L'actuelle ministre de la Justice du Québec, Sonia Lebel, avait d'ailleurs promis l'automne passé que les caquistes s'attaqueraient à la « sur-bureaucratisation » de la DPJ. « Il y a un manque de ressources, de la lourdeur administrative, ça prend du support psychologique pour les travailleurs sur le terrain », avait-elle alors déclaré.

Signe que les choses bougent au gouvernement, celui-ci a annoncé son intention de conclure un contrat de gré à gré avec un prestataire de service, lequel a été mandaté afin de rendre « des services professionnels pour soutenir les directeurs de la protection de la jeunesse, réviser le manuel de référence et d'autres documents dans le cadre des modifications législatives apportées à la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ) ».

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