Déni de justice ? La pression monte chez les libéraux

Déni de justice ? La pression monte chez les libéraux

jeu, 31/01/2019 – 09:00
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Des officiers militaires auraient sciemment utilisé des noms de code pour camoufler de l'information à caractère judiciaire.

Voici la ou les sources de cet article : CBC News, The Globe and Mail, Ottawa Citizen et Chambre des communes / Voici la source de la photo : Marvin Lynchard, U.S. Department of Defense, Domaine public (Image rognée)

Mardi dernier, les avocates du vice-amiral Mark Norman ont déposé plusieurs documents en preuve qui, selon elles, démontrent que des militaires ont délibérément utilisé des « noms de code » pour éviter que l'information ne fasse surface. Ces documents viennent donc corroborer le témoignage d'un employé du ministère de la Défense nationale, lequel avait déclaré le mois dernier que des officiers évitaient de citer directement M. Norman pour contrecarrer les demandes d'accès à l'information à son endroit.

D'après les documents obtenus, des termes tels que « Kracken », « C34 » ou encore « The Boss » auraient été employés pour remplacer le nom du vice-amiral. Le général Jonathan Vance, le plus haut gradé des Forces armées canadiennes, a pourtant déjà affirmé que le ministère de la Défense nationale ne faisait pas appel à des noms de code. Il a tout de même tenu à préciser que si ces allégations s'avéraient véridiques, la situation était « très grave » et qu'il allait « y mettre un terme ».

Le récapitulatif de l'affaire Mark Norman

Mark Norman est accusé d'avoir divulgué de l'information confidentielle en 2015 à Chantier Davie, une entreprise de Lévis spécialisée dans la construction de navires. Pour assurer la défense juste et équitable de leur client, les avocates de M. Norman ont demandé aux libéraux de communiquer certaines preuves en leur possession, une requête leur a été refusée à de nombreuses reprises.

Selon la défense, l'ex-ministre libéral Scott Brison aurait manigancé dans le but de résilier le contrat conclu entre l'entreprise et le gouvernement canadien pour avantager Irving Shipbuilding, un concurrent de Chantier Davie. La défense soutient que le libéral aurait entretenu des liens « très étroits » avec la famille qui dirige cette société basée à Halifax. Les avocates de M. Norman avaient donc exigé que le ministre divulgue les courriels échangés avec Irving Shipbuilding.

Notons que Scott Brison avait annoncé en novembre dernier qu'il démissionnait de son poste de président du Conseil du Trésor et qu'il ne se représenterait pas comme candidat aux élections fédérales d'octobre 2019. Malgré l'étrange concomitance avec son implication dans la saga judiciaire, le ministre avait nié que son départ fût le fait de son témoignage attendu dans le cadre du procès du vice-amiral.

Les conservateurs demandent des comptes à Justin Trudeau

Même s'il « reconnaît » que Mark Norman a droit à une défense pleine et entière, Scott Brison a fait appel aux services d'un avocat pour « éviter une intrusion dans sa vie privée ». La députée conservatrice Lisa Raitt n'a pas manqué de lancer la question suivante à Justin Trudeau en chambre : « Quand le premier ministre a-t-il été informé du fait que le ministre cachait des courriels personnels dans cette affaire ? » M. Trudeau, fidèle à ses habitudes, a préféré se faufiler derrière son « devoir » de réserve.

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