Justin Trudeau comparé à un francophone hors Québec

Justin Trudeau comparé à un francophone hors Québec

ven, 08/03/2019 – 19:30
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Radio-Canada vole à la rescousse du chef du Parti libéral en tentant de justifier sa piètre maîtrise du français.

Voici la ou les sources de cet article : Radio-Canada et Université de Waterloo / Voici la source de la photo : Radio Television Malacañang, Domaine public (Image rognée)

« L'anglais, c'est facile : tu pitches des mots ensemble pis ça fait une phrase. Le français, là, [il] faut savoir un petit peu où on s'en va dans notre phrase [...] ». Voilà ce qu'a affirmé le premier ministre Justin Trudeau dans un reportage de Radio-Canada diffusé lundi et traitant de l'insécurité linguistique qu'éprouvent les francophones hors Québec lorsqu'ils parlent dans leur langue natale.

Le chef du gouvernement fédéral était la tête d'affiche de ce reportage en apparence sympathique à un premier ministre en proie aux mêmes difficultés que les francophones hors Québec quand vient le temps de s'exprimer dans la langue de Molière.

Rendre sympathique Justin Trudeau aux yeux des Québécois ?

À se fier au reportage de Radio-Canada, Justin Trudeau n'est pas à blâmer pour la piètre qualité de son français. D'entrée de jeu, la journaliste Laurence Martin l'admet : « [c]'est vrai, [Justin Trudeau] fait souvent des fautes, mais on sent surtout qu'il cherche souvent ses mots ».

Sa collègue Marie-Pier Mercier va toutefois plus loin : « et selon plusieurs linguistes, ces hésitations sont le reflet d'un certain malaise en français, d'un manque d'aisance qu'ont beaucoup de Franco-ontariens ou Franco-albertains. Bref : les francophones en milieu minoritaire ».

Et c'est ainsi que le ton est donné pour la suite du reportage. Justin Trudeau poursuit en précisant sa pensée sur les embûches qu'il a dû surmonter à l'école secondaire Brébeuf de Montréal à cause de ses difficultés en français. Un Justin Trudeau qui subit encore, de son propre aveu, « des échos d'avoir été dans une ville plutôt anglophone » en bas âge. À savoir maintenant si le premier ministre faisait référence à Ottawa ou à Montréal...

Un expert, François Paré, spécialiste de la littérature francophone minoritaire et professeur titulaire à L'Université de Waterloo en Ontario, est aussi mis à contribution dans le reportage de façon à étayer les affirmations des deux journalistes de Radio-Canada ; ce à quoi se greffent des témoignages de jeunes franco-canadiens s'identifiant avec le français parlé par le premier ministre Justin Trudeau.

Un français qui n'est « pas prétentieux », pour reprendre le témoignage d'un d'entre eux. Car on le voit bien dans le reportage de la société d'État, bien des jeunes Franco-canadiens ont l'impression « qu'on entend plus leurs erreurs [en français] qu'un Québécois [...] ». « Et ça, ça renforce leur malaise », nous dit Mme Martin.

Comment venir à bout de ce « malaise » ressenti par les Franco-canadiens vis-à-vis leur langue natale, alors ? Les journalistes préfèrent laisser M. Paré s'étendre sur la solution à apporter. Bref : le gouvernement Trudeau pourrait faire la promotion du français dans le Canada hors Québec.

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