Cryptomonnaies et Bitcoin : une technologie qui agace les élites

Cryptomonnaies et Bitcoin : une technologie qui agace les élites

mer, 17/04/2019 – 15:15
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« Quand on contrôle l'argent, on contrôle les hommes » : voilà ce qui explique peut-être la haine de l'État pour ces devises.

Voici la ou les sources de cet article : CNBC, FMI, FxStreet et Blacklock'sVoici la source de la photo : MEDEF, FlickrCC BY-SA 2.0

Le 10 avril, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a révélé au réseau américain CNBC que les monnaies cryptographiques comme le Bitcoin (BTC) bouleversaient le système bancaire. Ne s'arrêtant pas en si bon chemin, Mme Lagarde est même allée jusqu'à déclarer que les devises cryptographiques devaient être surveillées « de près » pour assurer le maintien de la « stabilité » des institutions financières.

Sous la loupe du Fonds monétaire international

Soulignons que la femme forte du FMI a l'habitude de donner son opinion sur les monnaies virtuelles. Le 13 mars 2018, Mme Lagarde a publié un article sur le blogue du FMI intitulé « Combattre le côté obscur de la cryptosphère ». Même si elle ne remettait pas en cause les promesses des cryptodevises, la directrice du FMI ne semblait pas voir d'un bon oeil l'aspect anonyme conféré par certaines monnaies virtuelles.

Elle disait craindre que ce nouvel instrument financier serve de moyen pour blanchir des capitaux et pour financer des activités terroristes. « Ce qui fait l'attrait des crypto-avoirs (ou ce que d'aucuns appellent les cryptomonnaies) les rend également dangereux. Ces produits numériques sont généralement mis au point de façon indépendante et sans intervention d'une banque centrale. Cela confère un degré d'anonymat aux transactions de crypto-avoirs, comme c'est le cas pour les transactions en espèces », avait-elle écrit.

Une technologie qui ébranle la mainmise institutionnelle

Alors que la capitalisation de marché des cryptomonnaies est évaluée à moins de 180 milliards de dollars américains, celle de l'or, à titre comparatif, s'élèverait à plus de 7 500 milliards ! La taille de cette industrie émergente étant relativement modeste, la question suivante mérite donc d'être posée : pourquoi les régulateurs mondiaux s'intéressent-ils autant aux devises cryptographiques ?

Ce qu'il faut savoir, c'est que la première cryptomonnaie, le BTC, a été conçue lors de la dernière crise financière en 2008 par un homme connu sous le pseudonyme de « Satoshi Nakamoto ». Constatant les dérives du système bancaire de l'époque, cette personne dont l'identité véritable demeure toujours inconnue croyait que la technologie sous-jacente au Bitcoin, la blockchain, permettrait de décentraliser la monnaie.

En retirant le pouvoir des institutions privées et publiques, Satoshi Nakamoto espérait se débarrasser des intermédiaires qui interviennent, en règle générale, dans toutes les transactions. En d'autres termes, cette invention devait redonner le pouvoir à la collectivité, soit en lui permettant de se distancer du joug des banques centrales et des institutions financières.

Et le Canada dans tout ça ?

Le ministère des Finances prévoit modifier la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes pour serrer la vis aux utilisateurs de cryptomonnaies. Dans un document obtenu en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, le gouvernement fédéral affirmait d'ailleurs que les détenteurs de BTC devraient rapporter toute transaction d'au moins 3 000 $ effectuée à l'aide de cette devise décentralisée.

Alors qu'il était de passage devant le Comité sénatorial permanent des banques et du commerce le 26 septembre dernier, le ministre des Finances, Bill Morneau, a bien fait comprendre que les monnaies virtuelles étaient dans la mire d'Ottawa. « De plus en plus d'actifs cryptographiques sont utilisés pour recycler des produits de la criminalité », avait-il dit pour justifier la décision des libéraux de contrôler encore plus le secteur.

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