La victoire des libéraux passera-t-elle par la censure ?

La victoire des libéraux passera-t-elle par la censure ?

jeu, 16/05/2019 – 15:00
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À cinq mois des élections fédérales, les troupes de Justin Trudeau se démènent pour contrôler l'information en ligne.

Voici la ou les sources de cet article : Gouvernement du Canada, La Presse, The National Observer #1, #2 et The Post Millennial / Voici la source de la photo : Marvin Lynchard, U.S. Department of Defense, Domaine public (Image rognée)

Rarement passe-t-on une journée sans que le fédéral martèle comme un leitmotiv son message selon lequel l'information qui circule sur Internet doit être contrôlée afin d'éviter les dérapages.

Il est vrai qu'à l'approche des élections, il y a urgence en la demeure pour les libéraux qui, depuis plusieurs mois, trônent au deuxième rang dans tous les sondages, et ce, toutes firmes confondues. Surtout que sur le Web, les médias alternatifs n'adoptent pas forcément la ligne éditoriale de gauche libérale propre aux médias de masse, ce qui déplaît aux troupes libérales comme aux gouvernements occidentaux aux prises avec une forte baisse de popularité.

C'est pourquoi on se débat comme un diable dans l'eau bénite à Ottawa pour éviter de se faire passer un sapin en ligne. Mercredi, pendant que certains médias (alternatifs, surtout) relayaient la nouvelle sur une énième attaque contre des chrétiens au Burkina Faso, le premier ministre Justin Trudeau participait à l'Appel de Christchurch, un événement qui se déroulait à Paris pour souligner la nécessité de mieux gérer l'information en ligne après les attentats qui ont fait plusieurs morts dans cette ville de la Nouvelle-Zélande.

Facebook, Microsoft, Twitter, Google et Amazon ont salué l'engagement pris lors l'Appel à Christchurch de lutter contre le contenu à caractère extrémiste, une proposition présentée par la première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, et à laquelle a évidemment adhéré Justin Trudeau.

Dans la foulée de cet événement, le PM annonçait une nouvelle mesure, soit le lancement d'une « charte numérique ». Selon La Presse Canadienne, cette charte doit dicter « la voie à suivre pour lutter contre les discours haineux, la désinformation et l'ingérence électorale en ligne au Canada ». Lors de son annonce, M. Trudeau a été ferme : les entreprises numériques devront respecter leurs obligations, sinon elles risquent des amendes.

Quel contenu sera toléré et lequel ne le sera pas ? Question pour le moment sans réponse, quoique l'on a déjà une petite idée de ce qui nous attend. En mars, lors d'un discours au Conseil de sécurité de l'ONU, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a déclaré que le suprémacisme blanc et l'islamophobie faisaient partie des « menaces les plus graves » auxquelles le monde était confronté.

Mme Freeland avait effleuré la question de la radicalisation sur les réseaux sociaux en soutenant que les pays devaient s'unir pour la combattre. Elle avait été devancée en janvier par son collègue de la Sécurité publique, Ralph Goodale, qui avait laissé entendre, lors d'un discours à l'Université de Regina, que l'idéologie à abattre était celle qui vient de la droite, entre autres de groupes néonazis et suprémacistes blancs.

Chez Twitter, le président Jack Dorsey a eu l'audace d'avouer que sa plateforme était plus encline à bannir les comptes détenus par des conservateurs.

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