Changement de vocabulaire chez les verts : 1984 revisité

Changement de vocabulaire chez les verts : 1984 revisité

lun, 20/05/2019 – 13:00
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Tel un « Big Brother », médias et personnalités politiques vous surveillent et comptent bien manipuler votre opinion.

Voici la ou les sources de cet article : The Guardian, The Post Millennial et La Presse / Voici la source de la photo : Domaine public

Spark Neuro, une entreprise de « neuroanalytique » dont l'expertise est de mesurer l'émotion et l'attention des récepteurs que nous sommes à l'égard des messages publicitaires, savait de quoi elle parlait lorsqu'elle disait qu'il était temps de changer l'image de marque (« rebranding ») de la bannière verte.

Spark Neuro avait mené une étude auprès de personnes de diverses allégeances politiques aux États-Unis pour mesurer leur réaction face aux termes « changements climatiques » et réchauffement climatique », qu'elle avait confrontés à deux autres termes plus corsés, soit « crise climatique » et « destruction environnementale ».

Or, plusieurs des personnes sondées avaient été plus promptes à réagir aux formules « crise climatique » et « destruction environnementale ». En d'autres termes, ces mots suscitaient chez elles des émotions plus fortes, ce qui avait permis à Spark Neuro de tabler sur un changement de vocabulaire.

À écouter les porte-étendards du pessimisme environnemental, ce « rebranding » du lobbyisme vert est déjà entamé. Au pays, la ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, fait depuis quelque temps des tournées de paroisses pour parler d'« urgence climatique ». L'Accord de Paris, qui n'était pas censé être contraignant, revient donc sur le tapis : il s'agit de maintenir le réchauffement planétaire sous la barre des deux degrés Celsius.

Ailleurs, le journal britannique The Guardian a confirmé qu'il avait mis à jour son guide de rédaction « pour y introduire des termes décrivant plus précisément la crise environnementale à laquelle le monde fait face ». Par exemple, la formule « changement climatique » a été remplacée par « urgence », « crise » ou « rupture » climatique. « L'expression ''changement climatique" [...] semble plutôt passive [...] au moment où les scientifiques parlent d'une catastrophe pour l'humanité », a déclaré l'éditrice en chef du Guardian, Katharine Viner, pour expliquer le virage du journal.

The Guardian et Catherine McKenna ne sont pas les seuls à changer de ton. Ils ont été devancés en ce sens par l'ONU et le Parti travailliste du Royaume-Uni, entre autres organisations.

Libby Emmons et Barrett Wilson, dans le Post Millennial, ont qualifié ce phénomène d'« autoritarisme linguistique ». « La façon de mettre tout le monde sur la même page est de contrôler les pensées, et la manière de contrôler les pensées est de dicter le langage. En manipulant les mots que les gens utilisent, même au sein de leur propre conscience, leur esprit est enfermé dans un mode de pensée particulier », ont-ils écrit dans un article paru le 18 mai.

L'autoritarisme linguistique était justement l'intrigue principale de l'un des plus célèbres livres de tous les temps : Nineteen eighty-four, de George Orwell.

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