Censure : Ottawa et la « Silicon Valley » ont travaillé de mèche

Censure : Ottawa et la « Silicon Valley » ont travaillé de mèche

mar, 06/08/2019 – 13:45
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Le fédéral s'est dit très inquiet de l'impact que la manipulation des réseaux sociaux a sur la cohésion sociale au Canada.

Voici la ou les sources de cet article : Document obtenu en vertu de la Loi sur l'accès à l'information / Voici la source de la photo : Radio Television Malacañang, Domaine public (Image rognée)

On ne peut pas dire qu'Ottawa n'est pas intéressée au rôle des réseaux sociaux en contexte électoral. L'administration Trudeau avait en effet entrepris de rencontrer des représentants de Facebook, Twitter et Google au cours de son mandat.

Invitée à répondre aux questions des députés réunis au sein du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre des communes (PROC) en avril dernier, la ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, avait affirmé que les pourparlers du gouvernement avec ces entreprises progressaient lentement, dans la mesure où elles hésitaient à se soumettre aux demandes d'Ottawa. « Je pense que nous nous engageons dans une voie où nous devrons forcer les entreprises offrant des plateformes de réseaux socionumériques à agir », déclarait la ministre fin février.

Or, des documents secrets obtenus par Le Peuple en vertu d'une demande d'accès à l'information démontrent que le gouvernement fédéral tenait à une solution négociée de concert avec les grands joueurs américains sur Internet, malgré la rhétorique agressive de Mme Gould.

« Je veux comprendre comment vous comprenez ces problèmes »

Selon une ébauche rédigée par les fonctionnaires à Ottawa, les libéraux prévoyaient une première rencontre entre les représentants de Twitter, de Facebook, de Google, du bureau de la ministre Gould et de celui du Conseil privé. La possibilité d'interpeller d'autres entreprises offrant des plateformes de réseaux sociaux était évoquée, dépendamment des résultats de cette rencontre.

Il s'agissait ainsi d'« informer les entreprises à propos des objectifs globaux de la ministre » et des moyens qu'elle comptait prendre pour y arriver. Ottawa souhaitait aussi trouver un « terrain commun » avec les multinationales américaines afin qu'elles s'engagent volontairement à investir les ressources nécessaires pour éviter toute interférence sur leurs plateformes en amont des prochaines élections canadiennes à l'automne. Le gouvernement se disait, à la lumière de ce document, « très inquiet de l'impact que la manipulation des plateformes de réseaux sociaux et de leur contenu a sur [...] la cohésion sociale [au Canada] ».

Une autre ébauche secrète faisant état des phrases-clés composées à l'attention de la ministre Gould pour son allocation dans la cadre de cette première rencontre entre les représentants des entreprises convoquées par l'administration Trudeau et ceux du gouvernement fédéral en dit également long sur l'attitude d'Ottawa dans ce dossier. « Je veux comprendre comment vous comprenez ces problèmes et ce que vous voyez comme solutions », peut-on y lire.

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