Montréal va éliminer le genre dans ses communications

Montréal va éliminer le genre dans ses communications

jeu, 22/08/2019 – 10:00
Posté dans :
15 commentaires

« Nos sergentes aux services de sécurité incendie et de police ont encore une broche où il est écrit sergent », dit une élue.

Voici la ou les sources de cet article : MétroVoici la source de la photo : « Denis Coderre et Valérie Plante », Vimeo, CC BY 3.0

L'administration de Valérie Plante a décidé de faire siennes les recommandations d'un rapport du Conseil des Montréalaises (CM) suggérant que le personnel de la Ville reçoive des formations sur la « rédaction inclusive ». Apparemment, cette initiative vise à s'assurer que « la diversité de la population soit reflétée parmi ses employés et employées » en préconisant une approche soi-disant « non sexiste ».

Selon les dires d'une formatrice en écriture inclusive et libraire à la librairie féministe L'Euguélionne, Sandrine Bourget-Lapointe, cette mesure permet à la Ville de Montréal d'aller au-delà du « féminisme de façade ». Mais à quoi peut bien ressembler cette fameuse « rédaction inclusive » ?

Celle-ci peut prendre plusieurs formes, notamment en favorisant l'emploi de mots épicènes comme « membres » ou en remplaçant des mots genrés comme « professeur » par des termes plus larges tels que « corps professoral ». On cite également la possibilité d'insérer des doublons, soit en écrivant, par exemple, « les étudiantes et les étudiants » ou « les étudiant.es » et non simplement « les étudiants ».

Ce choix linguistique comporte toutefois des détracteurs, lesquels lui reprochent d'alourdir inutilement les écrits. Ces critiques ne font cependant pas broncher Mme Bourget-Lapointe dans ses aspirations de conquérir le coeur des francophiles. Elle estime que « si on peut faire en sorte que le français soit moins binaire et le faire avancer en ajoutant des nouveaux termes, c'est la preuve que c'est une langue vivante. Il faut juste prendre le temps de se former ».

Questionnée sur le sujet par le quotidien Métro, l'élue de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Suzie Miron, a expliqué que ce style rédactionnel serait intégré graduellement par la Ville. « Nos sergentes aux services de sécurité incendie et de police ont encore une broche où il est écrit sergent », a-t-elle déploré pour mettre en exergue l'ampleur du problème.

Nous avons besoin de votre aide !

Le premier ministre Justin Trudeau s'est allié aux médias traditionnels en leur offrant près de 600 millions de dollars. Au média Le Peuple, nous refusons toute aide gouvernementale. Afin de survivre et de devenir un véritable média de masse indépendant, nous avons cependant besoin de votre implication. Vous pouvez faire la différence.

Aidez-nous financièrement en achetant un abonnement :

Acheter un abonnement

Suivez notre journal afin de ne rien manquer de nos derniers articles :

Suivre le journal

Que pensez-vous de cet article ?