Condescendance à Radio-Canada concernant la laïcité au Québec

Condescendance à Radio-Canada concernant la laïcité au Québec

sam, 13/10/2018 – 09:10
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Certains panellistes invités par le diffuseur public font preuve de dédain quant au débat en cours dans la province.

Voici la ou les sources de cet article : Journal de Québec, Radio-Canada #1 (11:18 à 11:40), #2 (12:51 à 12:53) et #3 / Voici la source de la photo : Chicoutimi, WikimediaCC BY-SA 3.0

Il n'y a pas une journée sans que la question des signes religieux et de la laïcité de l'État ne soit abordée dans l'actualité au Québec. Surtout depuis que le premier ministre désigné, François Legault, a annoncé qu'il recourrait à la clause dérogatoire afin que les personnes en position d'autorité ne puissent pas afficher de symboles religieux.

Toujours est-il que le débat divise, polarise. De même, en font foi les propos de certains panellistes invités à Radio-Canada, lesquels s'écartent du code d'éthique dont se prévaut le diffuseur public.

« Jeter un morceau aux chiens de la meute »

Là où le bât blesse, c'est que quelques-uns des propos émis sur les ondes de Radio-Canada peuvent laisser sous-entendre du mépris à l'endroit des francophones se positionnant pour la laïcité de l'État québécois.

Ainsi, lundi dernier, à l'émission Midi info, l'ex-syndicaliste Louis Roy a suggéré que la volonté de François Legault de faire avancer ce dossier rapidement serait le fruit d'une stratégie tactique de sa part visant à réconforter sa base électorale. Et M. Roy d'user de l'allégorie suivante : « [François Legault] a besoin de jeter un morceau aux chiens de la meute ».

Les enseignants ont une autorité… équivalente à celle des placiers au Centre Bell

Dans un segment consacré au port des signes religieux par les enseignants au Québec à l'émission En Direct animée par Patrice Roy, Michel C. Auger y est allé lui-même d'une comparaison qui n'avait pas l'air de déplaire à ses collègues en ondes.

En effet, cherchant à soutenir l'idée selon laquelle les enseignants « ne sont pas des figures d'autorité », M. Auger a poursuivi son raisonnement en déclarant que ceux-ci « ont une autorité morale, peut-être ». Et c'est avec toute « l'autorité morale » que lui confère sa tribune à Radio-Canada qu'il ajoutera ensuite : « Mais à ce compte-là, les placiers au Centre Bell aussi sont des figures d'autorité ».

Faire preuve d'ouverture et de respect dans ses rapports avec les autres

C'est ce genre d'affirmation qui fait dire au chroniqueur Steve E. Fortin, dans le blogue des « spin doctors » du Journal de Québec, qu'« à force de mépriser les Québécois de cette façon, et depuis longtemps, la société d'État jette de l'huile sur le feu ». Elle qui pourtant stipule, dans son code de conduite, qu'elle fait « preuve d'ouverture et de respect dans [ses] rapports avec les autres ».

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