Le mouvement des Gilets Jaunes fait des petits au Québec

Le mouvement des Gilets Jaunes fait des petits au Québec

lun, 14/01/2019 – 19:15
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Un camionneur de la région de Montréal démarre le bal en lançant une manifestation de gilets jaunes dimanche à Victoriaville.

Voici la ou les sources de cet article : Facebook, La Presse, Twitter, TVA Nouvelles et YouTubeVoici la source de la photo : Dmitry Dzhus, FlickrCC BY 2.0

La Presse et Radio-Canada ont envoyé quelques reporters braver le froid, dimanche dernier, pour aller cueillir les impressions de la quinzaine de Gilets Jaunes qui manifestaient sur un terrain privé de Victoriaville. Agnès Gruda, de La Presse, nous apprend que c'est Stéphane Thibault, un camionneur de Repentigny qui aurait mis sur pied un groupe Facebook afin de faire écho au soulèvement des Gilets Jaunes français.

Le mouvement migre chez nous

Ici, chez nous, bien que les conditions socioéconomiques soient passablement différentes de ce qui prévaut en France, beaucoup de nos compatriotes sont insatisfaits. Ils se plaignent de vivre au sein de l'État le plus taxé en Amérique du Nord, de subir les pressions d'une immigration de masse qui s'est manifestée principalement au Québec depuis 2017 ou d'être laissés pour compte par une classe politique au service de l'oligarchie financière.

Quoi qu'il en soit, l'économiste Pierre Fortin, interrogé dimanche sur la question par l'équipe de TVA Nouvelles, estime qu'on ne risque pas de voir se répéter le mouvement des Gilets Jaunes français avec la même ampleur au Québec, alors que l'écart de revenu entre la métropole et le reste du Québec est de l'ordre de 7 à 8 %. En France, la situation serait beaucoup plus explosive puisque l'écart entre Paris et les provinces ou régions périurbaines est de l'ordre de 25 %.

Les régions souffrent aussi au Québec

De plus, l'économiste nous prévient que le pouvoir d'achat des Français, surtout à l'extérieur de la région parisienne, aurait considérablement baissé depuis la récession de 2009. Et, pourtant, la situation n'est pas si rose qu'il n'y paraît au Québec, dans un contexte où l'ensemble des régions aura voté comme un seul homme face à l'Île de Montréal qui prend, de plus en plus, les allures d'une cité-État complètement coupée de la réalité d'un Québec qui souhaite toujours s'émanciper de la férule d'Ottawa.

En effet, le camionneur Thibault arborait, dimanche, un gilet jaune sur lequel on pouvait y lire « Trudeau démission ». Alexe Gosselin, propriétaire du lave-auto à Victoriaville où s'étaient réunis la quinzaine de protestataires, n'a pas hésité à confier à La Presse qu'elle considère que la « politique des frontières ouvertes du gouvernement Trudeau » constitue un problème de poids à l'heure actuelle. Stéphane Thibault, notre camionneur en gilet jaune, estime qu'il serait pertinent de transformer le système d'imposition canadien afin de faire en sorte que les contribuables puissent soustraire les taxes qu'ils paient sur leur impôt sur le revenu.

Des revendications concrètes

Une autre manifestante aurait confié à la journaliste de La Presse être déçue par la mauvaise qualité des prestations en matière de services publics, dans un contexte où nous payons de plus en plus d'impôts. Outre leur grogne envers une fiscalité qu'ils jugent inéquitable, les manifestants n'ont pas hésité à dénoncer la signature du Pacte de Marrakech sur les migrations en décembre dernier, dans un contexte où, pour reprendre le slogan d'une manifestante, il devient impératif de faire passer « les nôtres avant les vôtres ».

À l'instar de leurs cousins français, les Gilets Jaunes québécois attirent l'attention du grand public sur le fait que la pauvreté et la misère se développent au sein même de la nation québécoise. Contrairement au politicien libéral Bob Rae qui a lancé, sur Twitter, que les Gilets Jaunes « sont les nouvelles chemises brunes » (en référence aux nazis), il semble que les principaux intéressés ne manifestent pas afin de défendre des politiques d'extrême-droite, ou dans l'autre sens, mais bien plutôt pour que la classe politique cesse d'ignorer la « misère populaire ».

Ainsi, un autre Gilet Jaune, présent à Victoriaville, a lancé face à la caméra de Stéphane Thibault, en parlant des journalistes de Radio-Canada et de TVA présents sur les lieux, « ça va être à leur tour de faire le move avec le Gilet Jaune [...] il va falloir qu'ils [les travailleurs des grands médias] fassent le move, autant que les policiers, autant que les PDG des grandes compagnies, à un moment donné, il va falloir que tous ces gens-là fassent le move [...] pour une meilleure qualité de vie ». Comme quoi, pour reprendre un argument mis de l'avant par le sociologue Mathieu Bock-Côté, le mouvement des Gilets Jaunes pourrait bien finir par fédérer l'ensemble des contribuables et le peuple au grand complet.

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