Quel sort réserver à la société civile au Québec ?

Quel sort réserver à la société civile au Québec ?

jeu, 09/05/2019 – 19:00
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La commission parlementaire sur le projet de loi 21 a le mérite de dynamiser l'identité nationale québécoise.

Voici la source de la photo : Courtoisie

Le débat continue de faire rage au Québec autour du projet de loi 21 sur la laïcité de l'État. Pour l'heure, deux camps aux visions opposées s'affrontent, laissant le beau rôle aux caquistes de se présenter comme les détenteurs du consensus sur la question dans la province.

Plusieurs organisations issues de la société civile se sont prononcées jusqu'à présent dans le cadre des consultations particulières et des auditions publiques portant sur le projet de loi de la Coalition Avenir Québec (CAQ). Quelques-uns de ses points de vue relevaient de l'imaginaire collectif propre aux Québécois, avec leurs coutumes, leurs traditions et leur histoire ; de l'imaginaire collectif d'un peuple en évolution, mais aussi constitué de millions d'identités individuelles elles-mêmes fragmentées en plusieurs appartenances des plus diverses.

N'en demeure pas moins que les Québécois continuent d'avoir foi en l'État pour arbitrer les enjeux de société. Et bon nombre de nos concitoyens préfèrent s'en remettre à l'Assemblée nationale afin de consolider l'identité québécoise. Qu'en est-il des droits individuels, alors ?

Un geste d'affirmation

Le projet de loi 21 semble répondre à deux impératifs. Il pourrait s'agir, d'une part, de rassurer les Québécois dans leur identité collective face à la recrudescence de la religion dans le monde occidental.

L'État a progressivement pris en charge plusieurs secteurs de la société au Québec depuis la Révolution tranquille, reléguant le clergé catholique à un rôle de plus en plus symbolique et superflu. Laïc en principe, l'État québécois va plus loin aujourd'hui en codifiant cette intention dans une loi.

D'autre part, le projet de loi de la CAQ, au-delà des considérations politiques et économiques, tient lieu de geste d'affirmation nationale visant à consolider cette fragile identité québécoise, laquelle est sans cesse en contradiction avec la réalité « nationale » de la fédération canadienne. La laïcité est appelée par conséquent à devenir une des pierres angulaires de l'identité québécoise en opposition au multiculturalisme canadien-anglais et au melting pot américain.

Les poupées russes

Or, certains se diront Montréalais d'abord. D'autres prêteront allégeance au Québec avant tout, tandis que nombreux sont ceux qui se draperont dans l'unifolié pour ne jurer que par la Charte canadienne des droits et libertés.

Ensuite se distinguent encore les membres des diasporas culturelles et linguistiques dans la province sans compter les syndicats, organisations et autres associations de tout acabit remuant les plaques tectoniques de la société civile.

C'est ainsi que nous avons vu plusieurs courants converger lors des manifestations en faveur ou contre le projet de loi 21.

Si l'enjeu est collectif pour bon nombre de Québécois, il est d'ordre individuel pour des milliers de personnes dans la province, au Canada et dans le monde ; ce qui a pour effet de soulever un autre enjeu, à savoir, celui de l'équilibre entre l'identité collective d'une société et l'identité individuelle des citoyens qui la composent.

Un État démocratique fort contre-balancé par une société civile dynamique

Quoi qu'il en soit, la commission parlementaire du gouvernement de François Legault sur le projet de loi 21 a le mérite de dynamiser l'identité québécoise en permettant à la société civile de s'exprimer démocratiquement.

Quant aux autres groupes qui n'ont pas été invités et auxquels on a refusé la participation aux auditions publiques, la CAQ aurait intérêt à leur accorder un peu d'attention, ne serait-ce que discrètement : chaque opinion compte et il incombe à nos dirigeants de faire le tri de toutes les doléances avec jugement.

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