La soif de domination de Mark Zuckerberg inquiète son ami

La soif de domination de Mark Zuckerberg inquiète son ami

ven, 10/05/2019 – 20:00
Posté dans :
3 commentaires

Chris Hugues, un des cofondateurs de Facebook, appelle le gouvernement américain à briser le monopole de l'entreprise.

Voici la ou les sources de cet article : The New York TimesVoici la source de la photo : Brian Solis, FlickrCC BY 2.0

Ils sont plusieurs actuellement à tenter de discipliner le géant des réseaux sociaux Facebook, tant chez les politiciens au Canada qu'ailleurs dans le monde. Même son de cloche chez de nombreux utilisateurs, qui reprochent à l'entreprise plus grande que nature de manquer de rigueur en matière de vie privée, mais également en ce qui concerne le contenu qui est diffusé sur les fils de nouvelles.

Certaines de ses affirmations proviennent d'un des cofondateurs de Facebook, Chris Hugues, qui a appelé le gouvernement américain, jeudi, dans un texte d'opinion publié dans le New York Times, à briser le monopole de cette entreprise et à lui imposer davantage de règles à suivre.

S'il ne doute pas du caractère humain de son ami de longue date, le cofondateur de Facebook nous met en garde contre la soif de domination de Mark Zuckerberg, lequel a cherché à prendre toujours plus d'expansion avec sa multinationale quitte à faire fi des ses obligations et de ses responsabilités en tant que dirigeant.

Un monopole fort de plus de 6 milliards d'usagers

La volonté de Facebook de contrôler ce qui se dit sur ses plateformes en ligne pose un problème dans la mesure où l'entreprise s'est arrogé la plus grande part de marché dans le secteur des réseaux sociaux, nous indique M. Hugues.

C'est ainsi qu'avec ses acquisitions dans le domaine, à savoir, Instagram et WhatsApp, la compagnie représente à elle seule plus de six milliards d'usagers actifs dans le monde, selon des données datant d'avril dernier. À titre de comparaison, YouTube en compterait tout près de deux milliards tandis que Reddit, LinkedIn, Twitter et Snapchat auraient pour leur part environ 300 millions d'abonnés chacune.

Les mécontents peuvent bien se tourner vers ces derniers, voire, vers des réseaux sociaux chinois comme TikTok (500 millions d'abonnés) et WeChat (1,1 milliard d'utilisateurs). Qu'ils fassent vite, cependant : Mark Zuckerberg n'a pas l'habitude de laisser des concurrents tournoyer autour de la multinationale très longtemps.

Des méthodes d'affaires déloyales

Chris Hugues avance que « Facebook a utilisé sa position de monopole pour faire fermer des compétiteurs ou copier la technologie qu'ils avaient développée ».

Il relate des événements au cours desquels Facebook avait fait usage de tactiques déloyales envers d'autres entreprises, comme lorsque la multinationale a favorisé des vidéos créées et publiées sur son réseau au détriment de YouTube et Vimeo. En 2012, Facebook agissait d'une façon similaire à l'encontre de la plateforme Vine, propriété de Twitter, en bloquant des fonctions qui liaient leurs utilisateurs.

À cela s'ajoute le fait que Mark Zuckerberg détient 60 % des parts de Facebook, ce qui fait de lui « la » personne qui détient le dernier mot quant à la direction de l'entreprise.

Facebook et la mise à l'index

Qui détermine ce qui a priorité sur les fils de nouvelles ? Mark Zuckerberg ne s'est pas gêné en 2017 pour s'impliquer personnellement dans la décision de faire effacer tout commentaire d'usager de Facebook au Myanmar encourageant le génocide là-bas.

Qu'il soit seul aux commandes ou pas, les changements progressifs aux façons de faire de l'entreprise ont fini par s'avérer contraires à l'éthique. En 2014, quelqu'un chez Facebook prenait le parti de favoriser les publications aux titres qui piqueraient le plus la curiosité des usagers.

Pire encore, Chris Hugues évoque de la confusion dans l'interprétation qu'auraient faite les ingénieurs en informatique des consignes émises par la multinationale en 2018. Par conséquent, au lieu de favoriser du contenu non lié à l'actualité ou encore des nouvelles provenant de sources « sûres » et partagées par les usagers entre eux, les ingénieurs ont mis en priorité le contenu des catégories « politique, crime [et] tragédie ».

De l'avis de M. Hugues, son ami poursuit une stratégie à deux volets. D'une part, Mark Zuckerberg mise sur un meilleur cryptage des services de messagerie offerts par Facebook. D'autre part, il « espère une surveillance bienveillante de la part des autorités réglementaires et des autres dirigeants de l'industrie ».

« Mark pourrait ne jamais avoir de patron [au-dessus de lui], mais il a besoin que quelque chose puisse contre-balancer son pouvoir », conclut celui qui était partie prenante de l'aventure au départ.

Nous avons besoin de votre aide !

Le premier ministre Justin Trudeau s'est allié aux médias traditionnels en leur offrant près de 600 millions de dollars. Au média Le Peuple, nous refusons toute aide gouvernementale. Afin de survivre et de devenir un véritable média de masse indépendant, nous avons cependant besoin de votre implication. Vous pouvez faire la différence.

Aidez-nous financièrement en achetant un abonnement :

Acheter un abonnement

Suivez notre journal afin de ne rien manquer de nos derniers articles :

Suivre le journal

Que pensez-vous de cet article ?